Séjour du 14 au 24 novembre 2022 | Première partie : tester des parcours, chercher des lieux, sur le bord du bassin ou auprès de la Lacquette

Chercher à avoir une vue d’ensemble et me dé-poser en des points précis : c’est encore jouer au jeu des allers et retours entre carte et sites… on n’en finit pas !

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Depuis le mois dernier, je me projette à l’année prochaine… Tout ce que j’ai accumulé depuis août 2021 trouve à s’emboîter, s’articule pour définir mon projet : répondre aux envies de déposer mon expérience de la Lacquette, pour la transmettre à un public. Mes sorties, mes histoires, les ballades, les ateliers… ne seraient-elles/ils que des prétextes à nourrir le projet à venir ? C’est long, c’est lent, il me faut éprouver ce temps qui s’écoule, le passage des saisons, laisser advenir des événements et des rencontres qui me nourrissent. Tout cela ne finit-il pas par laisser émerger des façons de proposer des formes à mes rapports à la Lacquette : collection d’éléments propres à faire ouvrage, des matières à voir, à tripoter, des gestes à effectuer…

C’est un peu ma cuisine tout ça, mais c’est justement ce qui me motive : le processus, le cheminement, comme toutes mes ballades le long du cours d’eau ; c’est aussi ça que je veux transmettre, une expérience insistante de la Lacquette pour s’en imprégner, mais faut aussi savoir la courtiser, trouver des ruses pour qu’elle laisse entrevoir son intimité, c’est lui concéder quelques efforts et notre inconfort sans doute. Certains résumeraient cela en disant « faut sortir de sa zone de confort ».

Le côté disparate de ce que j’entreprends est maintenant dicté par mes besoins de compléter et d’articuler mes connaissances des lieux. Comme on me dit à Labanque, faut pouvoir entrer dans mon dessein pour savoir comment m’accompagner et donner les conditions d’accueil de publics. Pas si simple, passer d’un lieu unique comme un musée, un lieu d’exposition à des terrains éclatés géographiquement, en plein air, ça change la logistique à mettre en œuvre.

Mardi 15 novembre, je commence par passer à la communauté d’agglomération allait dans ce sens, faire une copie de ma carte de travail pour l’équipe de Labanque qui me suit. Quand je ne suis pas là, faut bien laisser des outils, que d’autres puissent s’en emparer pour avancer sans moi.J’en profite pour rendre des visites, retrouver dans les bureaux Jérémie et Michel pour donner des nouvelles, échanger sur le terrain des opérations… En causant apparaissent des besoins et je glane quelques infos.

Le mercredi est consacré à une sortie de terrain avec Émilie, nous allons voir ensemble ce circuit éprouvé le mois dernier de Witternesse à l’abbaye de Saint-André, la pluie et l’humidité récurrente de ces derniers jours ont détrempé les sols et trempe nos pieds… Émilie rit de mes erreurs d’interprétation des lieux au fur et à mesure de notre avancée. Je reformule déjà mon rapport au terrain à l’aune de faux souvenirs !… Là, une clôture que je pensais avoir franchie, trouvant les (fausses) preuves ; ailleurs, un coude de rivière que ma mémoire a inversé… Haaa ! Je me rends compte combien ma mémoire n’est pas fiable ; malgré les transcriptions du mois dernier et mes enregistrements photographiques, j’ai inventé une autre histoire, un monde parallèle, proche du nôtre, mais pas tout à fait le même… Troublant, une version alternative de la Lacquette. Hum, ça me rappelle autre chose…

Avec Émilie nous nous penchons sur mon idée de ballade avec un public. Faudrait-il imaginer faire ça dans le cadre de ma restitution à la fin du printemps ou garder l’idée de poursuivre ce que j’ai déjà fait à Estrée-Blanche et Quernes ? La question reste ouverte… Nous ne trancherons pas aujourd’hui.

Tout en cheminant, nous nous avançons jusqu’au chemin de la Lacquette, cette impasse sur la commune de Saint-Quentin… A l’orée, Émilie s’en va saluer les animaux de basse cour, sont dans un pré non loin d’une habitation ; elle veut revoir la chèvre que nous avions vue lors de notre visite à Gérard Botrel.

Nous en convenons, pour cette balade à venir, faudrait s’arrêter juste avant, à la clôture, et puis s’en retourner par le même chemin, mais en coupant à travers les prés pour rejoindre le chemin qui donne sur la rue de Blessel au sortir de Witternesse. Fin de cette séquence.

Jeudi, aller jusqu’à la Tirmande : voir un lieu potentiel pour me poser lors de mes restitutions. Mauvais temps, des travaux m’entravent, la route est coupée, je dois contourner, repasser par Estrée-Blanche pour accéder au site pressenti… Là aussi mes souvenirs sont défaillants, je peine à retrouver la bonne route pour circuler.

Deuxième entrave, après avoir réussi à garer le véhicule, le pont que je voulais atteindre est fermé pour travaux de réfection. Personne sur le chantier, je finis par passer outre les grilles et me faufiler jusqu’au chemin qui descend dans les champs.

Je déniche le ruisseau de la Cavée de la Tirmande tout au bout, bien maigre, c’est la diète, l’étiage se poursuit au-delà de la saison estivale. Sur l’autre versant, un champ détrempé garde trace de son ancienne culture, des patates n’attendent qu’à être glanées, enfin, ce que je crois, le sol trop mou ne résiste pas, je fais marche arrière…

En repartant, je regarde le champ à côté, le ruisseau le borde au fond, m’intéresse bien l’endroit, faudra que j’aille voir si l’endroit est intéressant, en tout cas j’apprécie la vue sur l’autre versant du ruisseau, bien pentu, je mémorise et noterai sur ma carte !

L’après-midi, en prévision d’une prochaine sortie concernant un point de chute potentiel, je rends visite à Michel, l’écogarde, pour lui demander des précisions afin d’accéder avec un public au marais de la Besvres. Et puis, je lui expose mon projet de récolter de bois de saule blanc pour mes restitutions ; je le sollicite, il accepte. Nous nous accordons, il note sur son agenda, nous effectuerons ces récoltes en février 2023… Cela peut sembler lointain, mais avec nos disponibilités respectives, c’est parfait, je pourrais mettre le bois de côté pour le printemps…

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Un rappel brutal : la situation dans le bassin Nord-Picardie, sur les états de l’eau depuis cet été ; la presse régionale nous met devant des réalités que nombre d’habitants peinent à réaliser. Ce territoire est fragile alors qu’on le pensait à l’abri des risques de pénurie… La préciosité de l’eau est mise en évidence : qualitativement et quantitativement, l’eau n’est pas une évidence.

« Jusqu’à il y a quelques années, on pensait qu’il n’y avait pas de problème de quantité dans le bassin Artois-Picardie : c’était l’image d’Épinal de la pluie dans le nord… Il se trouve que depuis 2017 , on est face à des épisodes de sécheresse récurrents, qui se confirment : cette année, nous avons été l’un des territoires les plus touchés. C’est nouveau, cela s’invite dans notre paysage hydraulique depuis peu. La plupart des gens s’imaginent que la ressource en eau est illimitée, que la sécheresse est un épiphénomène : pas du tout, c’est destiné à durer, à se reproduire. Du coup, depuis cinq ans, on a un problème majeur : nous n’avons pas de rechargement des nappes, c’est à dire de notre capital. »

Tiré de l’interview de Thierry Vatin, directeur de l’Agence de l’eau.

Séjour du 5 au 14 octobre | En allant de gauche à droite : Witternesse, Quernes, Estrée-Blanche, Serny…

Un séjour haché : discontinuité, mélanges…

Rencontre le 5 octobre à lhôtel communautaire avec Sébastien Gallego du Pôle gestion patrimoniale eau potable pour avoir des informations sur la nappe de la craie qui fait le sous-sol aquifère du territoire.


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L’après-midi, vérifier ma préparation de « balade artistique », et faire la sortie en groupe le samedi 8 octobre, de 10h à 12h : en suivant la Lacquette jusqu’à l’autoroute à Quernes, puis en marchant pratiquement jusqu’au moulin de Witternesse… Sommes plus d’une vingtaine. Profitons d’un temps ensoleillé…

Photos de la « balade artistique » : Louis Avisse, Labanque, Béthune


Juste avant… Jeudi 6 et vendredi 7 octobre, les ateliers avec Émilie de Labanque à Liettres : d’abord avec une classe des tout petits du village, puis avec une classe de Linghem.

Puiser de l’eau dans la Lacquette au niveau du pont, puis aller faire de la boue-peinture dans la cour et badigeonner des murs de l’école avec ses mains-pinceaux : un joyeux barbouillage…

Photos des ateliers : Émilie Lahaye, Labanque, Béthune

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Rendez-vous à 9h, lundi 10 octobre, au moulin de Witternesse, pour préparer l’atelier du jeudi. Sommes accueillis par Sébastien et Jacques.

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Mardi 11 octobre, l’après-midi, tenter une rencontre avec Michel Deneuféglise pour accéder au Surgeon, depuis son jardin.
Chance, il sort juste de chez lui pour faire une course. L’attendre…
A son retour, Michel m’emmène dans son jardin.
C’est une piste pour s’installer près de l’eau l’année prochaine…
Nous nous accordons facilement, super ! J’aime le foisonnement végétal tout près de la route…
Faudra que je revienne le voir : nous irons au fond de son terrain, voir l’ancien lit du Surgeon.

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Juste après cette rencontre : se rendre à la ferme de Mongré, sur la route qui mène à Aire-sur-la-Lys. J’ai projeté d’accéder là-bas à la Lacquette.
En longeant un champ, je reconnais le bosquet, la rivière l’enlace : en septembre, j’avais suivi le cours d’eau depuis l’autre rive (entre la sortie de Witternesse et l’abbaye de Saint-André).
L’agriculteur me parle des méandres que fait la rivière, sont pas naturels, font des virages secs, me montre que la Lacquette est bordée de talus pour limiter ses débordements… Ça remonte aux aménagements de Vauban pour Aire-sur-la-Lys.

Et puis, je voulais en apprendre aussi sur deux fossés qui traversent ses terres. Le plus proche de la ferme est appelé ici : « fossé de la rue du Bois » ; l’autre n’a pas de nom…
Les deux se dirigent vers l’abbaye de Saint-André : un va se jeter dans la Lacquette, l’autre descend sur les pâtures d’Aire.
Je regarderais en partant…

Jean-Pierre me dit qu’aux inondations, la rivière reprend son lit : me montre du doigt son emprise sur les pâtures… Le repère des arbres guide ma vue.
Les alignements de saules blancs sont toujours un indicateur d’eau dans le paysage des basses terres.

Les débordements du cours d’eau conditionnent l’utilisation des terres. A une époque, si elle a pu enrichir les parcelles de limons fertiles, aujourd’hui, elle interdit l’accès aux champs et aux pâtures. Changement d’appréciation.


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Aller chez Jean Chartrez le matin, mercredi 12 octobre, à Estrée-Blanche, impasse de la Lacquette : un repérage sur le chemin en direction de Serny pour retrouver des sources d’accompagnement, mais sont à sec… J’ai trouvé des endroits possibles où m’installer au bord de l’eau au printemps prochain. Suis toujours dans mon idée de trouver des lieux pour m’implanter en fin de résidence.

Et puis, perdre le fil de l’eau en buttant sur des clôtures…
Celles-ci nous obligent à remonter une haie pour atteindre Serny :
longer la route…

Jean m’emmène voir l’ancien moulin du village, abandonné, un passage de bovins à gué au pied. Au retour, nous buttons de nouveau, cette fois sur une barrière qui nous empêche ; il avait pourtant déjà emprunté le chemin… Raté.

Reprendre à nouveau par la route, rentrer… Déjà la fin de la matinée.

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A nouveau, des ateliers : avec Émilie et Samia cette fois ; d’abord à Witternesse, puis à Quernes, vendredi 14 octobre.

Nous accueillons des enfants plus grands que la semaine dernière à Liettres : chercher l’eau de la rivière, faire de la boue pour obtenir des formes issues du malaxage, avec des empreintes-fourreau de doigts, formes en coquilles, concrétions…
C’est aussi une rencontre avec des objets qui nous entourent.
A l’issue, nous restituons les matières formées, à la rivière ou à la terre, c’est juste un emprunt, le temps de l’atelier…
Un temps pour le don, comme un rituel, un geste manifestant notre attention à la Lacquette.

Photos de l’atelier à Witternesse : Émilie Lahaye, Labanque, Béthune

Photos de l’atelier à Quernes : Émilie Lahaye, Labanque, Béthune

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La suite : revenir le 14 novembre, pour une nouvelle séquence !


Mercredi 5 octobre 2022 | Un passage au service de l’eau potable à la communauté d’agglomération

A mon arrivée sur Béthune, prévu de rencontrer Sébastien Gallego, du Pôle gestion patrimoniale eau potable.

Mercredi 5 octobre, rendez-vous à 10h.
Dans le bureau, une géologue : Florine Decofourt est assise au bureau qui fait face à Sébastien ; lui, entreprend de me présenter leur rôle et la situation de l’eau potable sur la CABBALR.

J’expose mes questions, un peu décalées en regard des enjeux de l’eau potable. Hum… innocemment : « l’eau de la Lacquette alimente-t-elle d’une manière ou d’une autre la nappe de la craie ? »

La déception est immédiate : « non, impossible ! » La nappe de la craie est une nappe captive, profonde, et se trouve séparée de la Lacquette par une couche d’argile imperméable.

Sébastien entreprend de m’expliquer, me montre des poches devant lui : l’argile en question et de la craie… Bon, elle a été rendue liquide lors du forage, mais normalement c’est une pierre poreuse où s’accumule l’eau, si j’ai bien compris…

Car pour comprendre, faut que je m’accroche, entre les explications et des visuels à l’écran de l’ordinateur provenant de relevés réalisés par géo-radar avec l’emplacement de trous : des forages.
« Une vraie banque du sous-sol » me disent-ils.
Ils travaillent avec le BRGM et, au besoin, Florine complète les relevés existants en faisant faire des trous là où c’est nécessaire…

Décidément, je perds pieds, ça va trop vite, mes compétences en géologie sont plus que limitées et là, j’ai deux spécialistes qui alignent des mots et présentent des opérations de terrain qui m’échappent vite.

La nappe alluviale est au-dessus, et elle va être affectée par le cours d’eau. C’est cette relation (horizontale) que j’avais évoquée (avec Flora Tivelet le 17 mars 2022 et surtout sur la page sur le bassin de la Lacquette) : c’est le jeu des vases communicants entre périodes sèches et périodes humides.

Où j’apprends qu’on est sur une nappe de sables du Landénien, du tertiaire *…. « Faut s’imaginer qu’en sous-sol, c’est un millefeuille. » Je pense au gâteau… mais bon, ce n’est pas le moment.

« Ici, c’est la bassin de Paris. »


* Ce sont des sables glauconieux marins, des tuffeaux ou des sables blancs continentaux, reposant généralement sur des formations plus argileuses. Partie méridionale du vaste bassin éocène franco-belge, cet aquifère s’étend sur environ 3 000 km2 en Flandres et dans le Bassin d’Orchies, contenant une nappe libre dans les affleurements périphériques méridionaux, puis captive sous les argiles yprésiennes. Malgré leur réserve considérable, ces sables n’offrent qu’une faible productivité, mise surtout à profit pour l’agriculture et l’élevage. (Extrait de l’atlas des Aquifères & Eaux souterraines en France). Un forage produit entre 5 et7 m3 / h.


Avec Flora Tivelet, j’avais déjà eu une présentation, mais ici, c’est clairement orienté eau potable, c’est à dire la gestion des prélèvements qui sont effectués, alors évoquer des relations de la nappe avec la rivière n’est pas une bonne idée, ça rendrait l’eau impropre à la consommation humaine : des éléments toxiques, des métaux, des germes, etc. contamineraient l’eau du sous-sol.

Faut s’imaginer que le parcours (vertical) d’une goutte d’eau met des lustres à rejoindre une nappe profonde. C’est bien pour cela qu’une surconsommation met en péril les nappes d’approvisionnement. Notre été de sécheresse nous l’a rappelé…

« La nappe de la craie est approvisionnée au Sud-Ouest, au-delà du bassin de la Lacquette, dans les collines de l’Artois. L’eau s’infiltre lentement, est purifiée et arrive en milieu anaérobie. C’est la garantie d’une eau potable. » (Les formations crayeuses sont présentes dans la majeure partie (90 %) de la région Nord-Pas de Calais)


La craie devient aquifère grâce au développement de la fissuration avec des ouvertures et une connectivité suffisantes pour permettre un écoulement gravitaire, mais aussi à la faveur de joints de stratification plus ou moins ouverts. Il en résulte une variabilité très importante de la perméabilité tant verticalement qu’horizontalement (selon des directions souvent combinées de la fracturation) : le milieu crayeux est en réalité hydrauliquement hétérogène.

Florine m’explique le transfert horizontal de l’eau qui s’effectue, en période sèche et humide, la vitesse d’écoulement change, logique (du Sud-Ouest au Nord-Est, des collines de l’Artois au Bas Pays). Faut s’imaginer que les couches ne sont pas droites, mais penchées. Alors, si en plus dans le sous-sol, les couches géologiques ne sont pas gentiment planes, ça complique l’image du millefeuille, ça doit créer des pentes, des axes d’écoulement ? Mais je me dis que le régime de circulation des eaux ne doit pas correspondre à ce qui se passe en surface…

Je comprends qu’ici on pompe des quantités d’eau qui donnent le tournis (pas noté les chiffres…), et ça, tous les jours, pour alimenter nos réseaux d’eau potable, une eau qui arrive à nos robinets, sans compter…
Ça laisse pensif quant à nos consommations effarantes d’un bien qui risque de devenir de plus en plus précieux et dont le coût de production est en perpétuel évolution. Nous sommes toujours plus nombreux et les villes exigent des quantités faramineuses d’eau potable. Une fuite en avant. Et question fuites, y’en a dans les réseaux d’eau potable ! (en France on considère qu’il y a un milliard de mètres cubes de fuites d’eau par an dans les réseaux d’eau potable, soit 20 % de l’eau traitée et mise en distribution qui est perdue)

Revenant à la charge avec ma question lancinante, je suis quand venu pour ça : « Et l’eau de la Lacquette ? »
Sébastien lâche, un peu mystérieux : « y’a pas de relation, mais y’en a quand même ; là, y’a une faille. » Et c’est le cas de le dire : « parfois on détecte de l’oxygène dans nos prélèvements sur certains forages. »

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Je me prends à rêver que de l’eau de la Lacquette puisse malgré tout passer !
Mais comment en être sûr ? Se contenter d’imaginer que c’est possible ? C’est déjà ça pour moi !

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En tout cas, ces fuites semblent provoquer un certain désarroi chez mes interlocuteurs : des infiltrations pourraient arriver à travers la couche d’argile !
Où, comment ? Des défaillances dans des forages finissant par ne plus être étanches ? des pompages excessifs créant des dépressions telles que de l’eau de nappes superficielles passeraient ? ou encore, des forages mal faits qui laisseraient passer de l’air, de l’eau contaminée ?… Bien sûr, tout cela se passe sur des temps longs… Et si je ne saisis pas toujours tout, je capte néanmoins les enjeux en matière d’approvisionnement des populations ; pas de tout repos… compliqué à gérer tout à ça !

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Hum, maintenant, j’y repense, lorsque je me rends à la mairie de Quernes (comme ces derniers temps) et que me prend l’envie d’aller aux toilettes, au moment où je tire la chasse d’eau, le liquide s’emporte et dévale dans le réseau des eaux usées, jusqu’à la station de traitement qui le restitue, apaisé, purifié, à la Lacquette – je suis mentalement son chemin… Et je gamberge :

Hum hum, et si de l’eau de la Lacquette passait malgré tout dans la nappe de la craie, alors pourquoi ne finirait-elle pas dans un réseau d’eau potable et, potentiellement, dans le verre d’eau que je remplis au robinet ?…
La boucle serait bouclée ; j’entrerais ainsi dans un circuit court à Quernes, façon d’éprouver le cycle de l’eau :
le robinet <=> les toilettes… et sans quitter la mairie
des journées entières à entretenir le cycle.

Me donnerait bien des idées tout ça.
Mais bon…, arrêtons de rêvasser !

Et oui, avec des si, c’est bien connu, on pourrait mettre Paris en bouteille,
mais moi… je me contenterais bien d’y mettre la Lacquette !