Video d’un campement, réalisée par Arnaud de la Cotte, mise en ligne le 10/08/2023

Samedi 17 et dimanche 18 juin 2023, dans le cadre des rendez-vous publics, ici à à Quernes, près de l’autoroute puis à la sortie de Witternesse en direction de Blessel.

Arnaud de la Cotte est venu filmer le colporteur en action, histoire de garder une mémoire des campements…

« Chaque campement est installé de façon éphémère, le long de la Lacquette. Conçu comme une exposition en plein air, le campement est l’occasion de découvrir ce que l’artiste en colporteur a collecté.
Par terre, il déroule une nappe aux allures de carte, il la déploie et l’anime de son récit du bassin, déposant des pierres qu’il a trouvé près de la berge…

« En suivant la Lacquette », le livre de la résidence : une immersion dans le bassin de la Lacquette

Si vous avez raté l’information, le livre « En suivant la Lacquette » a été publié mi-novembre, il fait suite à la résidence dans le Pas-de-Calais qui s’est déroulée d’octobre 2021à juin 2023.

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Ouvrage en Français, à partir des textes écrits au fil de la résidence et ceux pour les campements.

Le travail de Sébastien Pasquier qui m’a superbement accompagné avec son travail de design graphique.

Avec de nombreuses photos issues de mes pérégrinations et des campements en juin 2023.

Format 160 X 240 mm et de 124 pages.

En Couché recyclé et Ofset recyclé, dos carré cousu, avec 2 dépliants de 6 pages et une carte pliée en sur-couverture.

Imprimé par les éditions d’Ici basées à Cholet en Maine et Loire, non loin de chez moi.

Juin 2023 | L’artiste en colporteur : fin de la résidence

« En suivant la Lacquette » : 8 Campements, d’Estrée-Blanche à Witternesse 

(d’amont en aval : du ruisseau Le Surgeon à La Lacquette, sans oublier le le Mardyck et La Laque)

Les campements sont conçus comme une exposition de plein-air, où l’artiste débarque en colporteur, déballant ses affaires, faisant étalage de son rapport à la Lacquette.

Il arrive avec sa tenue et son matériel : chapeau, chaussures de marche, veste bleue, sac à dos préparé et besace en bandoulière. Il traîne ses valises avec un trolley à deux roues… va de lieu en lieu…

Sur le site, il dépose, déballe et installe : d’abord une toile de tente qu’il monte aussitôt ; dépose un ou plusieurs sièges, aussi une petite table passe pour y poser un livre de documents – il l’a préparé, assemblant des documents, des croquis et des cartes.

Et puis, il met plusieurs valises sur le sol : elles contiennent ses affaires qu’il est venu présenter.

Il sort de l’une d’entre elles une nappe, aux allures de carte, la déploie et l’anime d’un geste tranquille avec des pierres qu’il avait entassées près de la berge.

Elles viennent de la source du Trou sans Fond, près d’Honninghem…

Pendant que la rivière débite ses volumes d’eau, il énumère des noms de villages, ceux qui sont traversés par la rivière et ses affluents…

Ainsi va la vie du bassin et de ses habitants, qu’ils soient végétaux, animaux ou humains : tous liés…

Non loin, il s’en va dérouler deux bandeaux de tissus ; il les a sortis d’une autre valise. Des objets apparaissent, ensachés, insignifiants en apparence, ce sont des témoins de ses rencontres avec la rivière lors de ses arpentages : là, une plume de canard ; à côté, des plantes de berge, et puis, des fragments végétaux, une pierre, un morceau de bois, des matières transportées par l’eau et déposées lors des crues…

Il les tire au fur et à mesure de sa valise, les dépose en débitant son récit :

La frise s’anime des prélèvements qu’il avait effectué entre février et avril 2023.

Petit à petit, le sentiment que quelque chose de la rivière apparaît, de ce qui a été déposé, par elle ou par les êtres qui fréquentent ses rives…

– « Passer devant la source de la Lacquette / aller à la fontaine Sainte-Frévisse. Suis tout près mais faut passer par Bomy : 3 petits cailloux du fond de la source, et hop !« 

« Poursuivre jusqu’à Laire, presque au début du Fond de Berquigny ; au niveau du virage au lieudit des champs le « Fond de la rue des Marais », continuer à pieds à travers champs / Au centre, les herbes ont été couchées par les passages d’eau : brindilles emportées et retenues par des herbes, s’amoncelant : prélever quelques emportées de crues.« 

– « Non loin de Berquigny, près du château de Bomy, trouver une entrée de pâture, filer jusqu’au fossé pour trouver sa jonction avec la Lacquette /accès bovins où sont imprimées les traces insistantes des oies que j’ai aperçues au fond du pré : quelques plumes, un tesson de vaisselle, un bout de bois.« 

– « Au bout de l’allée du château de Bomy, par « la Grand Rue », le pont qui enjambe la rivière / Emprunter les marches : quelques feuilles sur le bord et un mètre ruban rouge, bien en vue au fond de l’eau !« 

– « Une remontée vers le Fond de Rupigny : l’eau coule vivement le long de la route à Rupigny, c’est bien « sourcé » ici ; plein de canards, on les entend avant de les voir, j’en trouve un d’écrasé, puis un deuxième dans le fossé… Plumes, bout d’ardoises ? Jouet d’enfant en forme de souris, bleu…« 

– « Retourner sur Bomy, suivre la Lacquette, versPétigny : chercher un accès à l’eaudepuis la route… pas si facile / Se faufiler par une trouée dans une haie de clôture, traverser une plantation d’arbres / Gagner le bord de la Lacquette, longer, et prélever : tiges de plantes dans les branchages, sans doute du gaillet gratteron… 2 bouts de plastique, un bout de tige d’apiacée, écorce.« 

« Un peu plus loin, arrêt dans Erny-Saint-Julien, tourner vers la rivière, aller au bout d’un cul de sac, et retrouver la berge… / Tomber sur un amas de restes calcinés : ramassé des morceaux noirs et oranges ; plus loin, un bout de plastique noir, des brins végétaux agglomérés par une crue. »

– « Sortir d’Erny-Saint-Julien… »

… il faut imaginer que ça continue, jusqu’à l’exutoire, à Aire-sur-la-Lys !

Le campement s’est maintenant étoffé, l’artiste en colporteur se déplace, s’agite, nourrit son exposition et finit par sortir un seau, des bouteilles, de petits récipients…

Il se dirige vers la berge, descend dans la rivière et remonte avec son récipient plein d’eau.

Il dépose, réserve puis retourne gratter la berge, il ramène de la terre cette fois et la verse sur un morceau de bois qu’il a rapproché…

Avec cette terre qu’il mouille, il la malaxe, en fait une belle boule, la dépose sur son morceau de bois, y mêle des graines et, s’en va gratter le sol un peu plus loin…

Transporter alors la boule-terre-mêlée-de-graines, l’enterrer à moitié et verser doucement l’eau de la rivière…

On a le sentiment d’avoir affaire à un rituel tant les gestes sont posés, et par l’attention aux choses manipulées.

L’artiste en colporteur devient jardinier, sous les bons auspices de la rivière… Il semble nous dire « nous sommes tous liés à la rivière, nous, les plantes, les animaux, la rivière nous irrigue… »

Il s’essuie maintenant les mains et part rejoindre sa réserve d’eau ; il installe sa pompe dans le seau, approche une bouteille et pompe… L’eau sort, s’écoule dans un fin jet dans la bouteille en verre, limpide :
               l’eau de la Lacquette, purifiée.

Se verser un verre et boire en toute conscience, lentement, avec délectation…

Il s’approche des gens qui l’observaient, leur tend un récipient, verse à nouveau de cette eau-de-Lacquette et les invite à boire…

A la fin du partage de l’eau, l’artiste en colporteur s’éloigne, retourne au bord de la rivière, s’assied sur la berge, se laisse absorber par le courant… semble jouir d’être là, juste être là, à laisser le temps passer, l’eau.

Fin de la présentation :
    Remballer les affaires, démonter la tente, plier bagage et partir ailleurs…

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Dimanche 25 juin 2023, site dit de Blessy, au bout d’un pré, rue de Ham.

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