Recherche toujours ouverte concernant des noms et des statuts de cours d’eau, ou de traces de son passage ancien ou intermittent : vallées sèches, fossés, de liaison ou de drainage ?
Ruisseaux ou fossés ? selon que c’est toujours en eau ou pas ? avec des noms ou pas ? Pourquoi ? Qui les nomme de la sorte ? Les habitants, riverains ou usager, le cartographe ou encore les services de l’eau qui les entretiennent…
Ce qui est évident ne l’est pas ou ne l’est plus après être passé dans les communes, carte en main…

Il y aura des réponses ou non ; partielles, sûrement ; des précisions, sans doute…
D’autres appellations peut-être ? même plusieurs ? En restera toujours une poétique des noms, une liste…
(La rivière) la Lacquette ;
(Le ruisseau) la Leauvette = le Mardyck ? ;
(Le ruisseau) le Puits Sans Fond ;
(La rivière) la Laque ;
L’écheu(x) (cours d’eau ou fossé ? tantôt situé non loin de l’abbaye de Saint-André, tantôt du côté de Mississipi au sud d’Aire-sur-la-Lys) ;
Le Cavin de la Tirmande (fossé ou ruisseau intermittent) ;
(Le ruisseau) le Surgeon ;
(Le) Ligny-lès-Aire ? (nom à vérifier, statut) ;
Le Fossé au Nord de la Laque ;
Les Fossés au Nord des Marais de Lambres Nord ;
Le Beauvoy ? (nom à vérifier, statut : plutôt un fossé qui passe près de la ferme de Mongé) ;
Les Fossés des Marais de Lambres Sud ;
Le Crocq ?(nom à vérifier);
Le Fond de Berquigny (statut) ;
Le Fond de Rupigny (statut) ;
La Raiderie ? (nom à vérifier, statut) ;
(Le ruisseau) le Madi de Blessel ;
Le Fossé autour des Pâtures d’Aire ;
(Le) Ham ? (nom à vérifier, statut) ;
La Barette (nom à vérifier, statut) ;
(Le) Honnighem ? (nom à vérifier, statut);
Le Fond Truvet (ruisseau ?) ;
(Le ruisseau) le Mardyck ;
Le Fief ? (nom à vérifier, statut) ;
Le Sart ? (nom à vérifier, statut) ;
Le Fossé Rumeaux ;
Le Fossé perpendiculaire Petit Neufpré ;
Le Fossé de Treizennes ;
Le Petit Honninghem ?(nom à vérifier, statut) ;
Le Fossé des Pâtures d’Aire Nord ;
(Le Ruisseau) La Lauvet ;
(Le) Febvin-Palfart ? (nom à vérifier, statut) ;
(Le ruisseau ou fossé de la) Vallée de Verseaux ? ;
Le Fossé des Pâtures d’Aire Central ;
Le Fossé des Pâtures d’Aire Sud ;
(Le) Cuhem ? (nom à vérifier, statut) ;
Le Fossé parallèle au Canal d’Aire ;
Le Fossé parallèle à la D943 ;
Le Fossé perpendiculaire les Bas Champs ;
(Le) Warin (nom à vérifier, statut) ?

Des gains et des pertes
Il est un mystère – qui n’en est pas un – qui affecte le cours de la Lacquette, ou plutôt son débit, le volume des eaux qu’elle charrie. Que le mot est laid pour la décrire : elle est ces eaux, celles dont on l’afflige aussi…
De mes allés et retours le long des cours d’eau qui l’alimentent, y croisant des riverains, jusqu’à mes allées et venues dans le couloir de la communauté de d’agglomération, au Service de l’eau, je désespère.
Dès que je pense approcher une représentation qui tient la route, patatras !
Bien sûr, j’en apprends toujours un peu plus, mais jamais assez… Il me semble que la quête est impossible, qu’il me faudrait arpenter les lieux, encore et encore, jour après jour, saison après saison…
J’ai parfois la surprise de constater des flux d’importance non loin d’une source, et de m’interroger devant leur faiblesse en des points distants à l’aval.
Les saisons et les aléas climatiques brouillent ma perception, celle-ci mémorise des états de l’eau qui, tenaces, me trompent en confondant des moments qui faussent mes appréciations : ma défaillance.
Et lorsque que j’atteins ce que je pense être le Graal, des chiffres se mettent à danser, finissent par saper mes calculs : la rivière se dérobe.
La carte et les cours d’eau
Déjà, faire le ménage : entre ce que je vois et ce qui est tracé, nommé : là où je vois les pontillés bleus du « Fond de Rupigny », je ne m’approche que d’un vallon sec, sans même trace d’un fossé ; une végétation de friche s’y est installée : rien, niente, que dalle !
Et les noms, hein, les noms ? Sortent d’où les noms ? Quand j’échange avec un quidam près du lit du « Puits sans fond », il me regarde avec des yeux un tantinet surpris, désapprobateur : « ici, c’est le Surgeon ! ».
Et ailleurs, sur le trait bleu d’un cours d’eau : la carte reste muette, « c’est le Vaudas ! » selon deux habitantes d’Estrée Blanche, ou… la « Cavée » pour l’ancien agriculteur rencontré dans la descente de la Tirmande.
Ailleurs, dans des documents administratifs, le cours d’eau – un fossé – devient « Tirmande »… et dans un des écrits, je l’ai même débusqué sous l’appellation de la « Cavée des Morts »… Faudrait savoir, non ?
Aller, va pour le « Cavin de la Tirmande ! »… je l’ai entendu plusieurs fois, ça sonne bien, allez, ça me va !
Ben, voilà le problème : le « ça me va… »
Entre les gens du coin, les cartes même (suffit d’aller sur le Google et d’avoir en main l’IGN pour constater qu’ils ne les nomment pas pareil) et les documents administratifs… Chacun y va de ses appellations, on s’y perd.
Des chiffres et des eaux
Après lectures et appréciations de documents ayant enregistrés des débits et des pluies, mon indigence se trouve éclairée des commentaires et d’une aide apportée par les Services de l’eau de l’Agglo, et me voici essayant de chiffrer, de comparer avec ce que j’ai vu… Suis pathétique… Si certains calculs semblent justes, il faudrait moduler, visiblement, je manque des paramètres. Faut en convenir : de l’eau arrive, comme ça, sans crier gare, apparemment déconnectée des pluies, et disparaît de même. Argh !
Je voudrais que les choses soient plus simples mais la rivière résiste, se joue des apparences : mes observations…
Il pleut, l’eau s’écoule et déboule à Aire-sur-la-Lys
Raté : allez, on recommence… Il pleut en des endroits du bassin, selon l’état des sols et de la saison ; de l’eau s’écoule, un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout… Et la rivière coule quand même, ha ! La source, heu, les ou des sources abondent. Et d’autres cours d’eau, temporaires – des vallées sèches – ou continus – sourcés – lui fournissent son débit, même le surcroît tant craint qui inonde Witternesse…
N’empêche, qu’il s’en perde ou qu’il s’en vienne d’autre, j’en oublie encore, parce que je ne la vois pas : les nappes souterraines… discrètes ou insidieuses : ce qui avale ou qui recrache, est visiblement plus importante qu’on imagine dans le débit de la Lacquette.
Sans compter nombre de fossés des terres basses qui se jouent du cloisonnement supposé des cours d’eau, tantôt drains tantôt irrigants – j’aurais envie d’ajouter intrigants – s’écoulent, mais dans quel sens en fait ? Je me souviens de ma méprise au début de mes sorties de terrain, lorsque je voyais le début d’une rivière dans un fossé du marais de Besvre – à moins que ce ne soit l’inverse… Et pendant une période d’inondations dans les zones inondables derrière Witternesse, j’étais bien incapable de différencier le Madi de Blessel des fossés alentours, tous rivalisaient : moi, moi,moi…
Des fuites et des courts circuits
On voudrait des cours d’eau étanches, que nenni ! Ça fuit de partout ici. Entre du sous-sol karstique qui avale l’eau et les réseaux de surface qui les relient… On s’y perd en remontant vers Groeuppe ou dans une autre vallée, vers Honninghem.
Difficile de chiffrer : on ne peut que constater, suivre des fossés et demander au locaux ou à des services qui travaillent dessus quelques informations, on en sait plus quand un cours d’eau menace que lorsqu’il s’écoule sans faire d’histoires. Injuste : à la limite on l’oublie, il est là comme un décor de nos paysages. Et demain, s’il se réveille, brutal, ou disparaît même… Que diront nous ? Allons-nous crier notre rage impuissante ou pleurer son absence ?
En attendant, je poursuis mon enquête, ayant pu apprécier récemment que la Lacquette me jouait des tours – ou plutôt qu’on lui jouait des tours – lorsqu’elle part se jeter dans son exutoire : la Lys, à Aire…, son rival : le Mardyck, semble bien l’emporter avant de se mêler à la pointe d’un jardin, rue du Mardyck (!). Juste en amont, j’ai vu la Lacquette redevenir ruisseau avant de retrouver de l’allant avec la confluence, mais pour mieux la (nous) perdre, en la divisant en bras de décharge et cours principal qui lui, poursuit sa course jusqu’à la Lys Municipale, non loin du Grand Vannage. Fin du voyage.
Et bien, c’est une fiction, une belle histoire qu’on se raconte… La Lacquette est ponctionnée avant même de traverser la départementale 943, on lui prélève de l’eau, un fossé transporte le butin jusqu’à sa voisine, plus ou Sud, la Lacque… qui s’en va déverser ces eaux volées dans le canal d’Aire à la Bassée, façon sans doute de soulager Aire-sur-la-Lys.

Email du jeudi 17 mars 2022
Madame Flora Tivelet, responsable de service GEMAPI – Communauté d’Agglomération de Béthune Bruay Artois Lys Romane,
Avec la fiche de synthèse des débits moyens à Witternesse, j’ai fait un fiction, la moyenne des 10 années. Ce qui me donne une quantité d’eau annuelle de :
24.430.939.200 l d’eau / an !
Ce chiffre me donne le tournis… On pourrait traduire en bouteilles d’eau et comparer avec des baignoires, des consommations annuelles de ménages… d’un village, d’une ville…
Question : la pluviométrie cumulée correspond à quoi ? A Witternesse seulement ? ou à la la pluviométrie cumulée sur le bassin ?
Considérant que les chiffres correspondent à ce qui tombe sur 1 m², je me suis fait une moyenne à 1 l / m2, soit 116.007.000 l, c’est sur un an ?
Et comme j’ai calculé un bassin de 11.600,7 ha, soit 116.007.000 m²,
cela fait 116.007.000 l (116.007 m3)
Maintenant faut bien savoir à quoi correspond ce chiffre par rapport au bassin et sur la durée d’une année.
Si vous pouviez me donner vos avis éclairés ? m’aider à corriger ?
Et là, ce n’est que Witternesse, on imagine qu’à l’exutoire, c’est plus d’eau qui arrive. De plus il y a deux bras à prendre en compte…
Avec cette quantité d’eau qui tombe, la soustraire à l’eau qui passe à Witternesse doit me donner une idée de ce qui pourrait arriver du sous-sol ? Non ? Des proportions…
Conséquemment, prendre mes chiffres bruts me paraît aberrant :
24.430.939.200 – 116.007.00 = 24.314 932 200 l, soit 24.314 932,2 m3
Ça ne semble pas coller, la quantité pluie serait alors négligeable dans le débit de la rivière. Mais bon, comme je l’ai dit, je cherche à me faire une idée, faire image, faire apparaître des volumes énormes, des quantités d’eau incroyable qui passe sur une année et ça, juste pour une petite rivière…
Si je pouvais me faire une idée de la quantité d’eau qui arrive à Aire sur la Lys… et avoir votre avis sur ce chiffrage qui me paraît douteux.
En vous remerciant de votre attention,
Cordialement,
Gilles Bruni