Séjour du 7 au 15 décembre 2022 | Le Grand Tour du bassin # 3e épisode : du sud vers l’est

Jeudi 15 décembre retour à Laires avec Roxane. Depuis Béthune, nous roulons dans la brume… Le paysage a disparu dans la ouate, englouti.
Inquiétude : qu’allons-nous trouver au sud du bassin ?

bassin de la Lacquette, mise à jour janvier 2023

Sur place, la brume est en train de se lever, la vue se dégage progressivement, étrangeté des lieux. J’en oubli mon objectif de contourner le bassin pour goûter l’instant présent.

A midi, c’est pratiquement levé. Depuis Laires, le long de la D95, pris un chemin menant à Livossart, lieudit « le Pays à Part », la vue porte dans direction de la source le Trou sans Fond // 50º32.022’N 002º16.614’E – Alt 195 m

En continuant, au nord de Livossart, le long du chemin entre « la Hayette » et « le Marché au Lait Battu » // 50º31.702’N 002º17.074- Alt 195 m.
Un des points les plus élevés que j’ai testé, toutefois, avec la courbure de la colline et la brume plus tenace ici, je ne saisis pas clairement la profondeur du bassin.

En nous dirigeant sur Honnighem, prenons le chemin qui mène au lieudit « le Buché » ; la vue semble se boucher à nouveau, la froidure persiste encore à midi… Heureusement pas de vent comme sur la ligne de crête à l’ouest l’avant veille.

Au carrefour des chemins entre Honninghem et Palfart, nous empruntons celui qui mène à « la Grande Pièce ». Le bleu du ciel se répand… Moment de pause sandwich en se laissant réchauffer par la nappe de lumière qui inonde le véhicule.

Depuis cet endroit, je me mets en quête d’une vue dans l’axe de la source de l’ancienne station de pompage d’Honninghem // 50º31.644’N 002º17.831’E – Alt 177 m. Mon regard glisse sur la pente qui traverse « le Buché ».

Poursuivant la marche, sans perdre de vue l’évolution des plis du paysage, je tombe sur le fossé qui, par temps de pluie, alimente le ruisseau du « Puits sans Fond ». La forme en cuvette est nette, mais la saignée est arrêtée par un petit bois qui masque le chemin de l’eau. Déception.

Je me décale un peu à l’est, vers « le Capet » // 50º31.568’N 002º18.182’E – Alt 178 m. Roxane me prend en photo à descendre vers la vallée.

Le remord me fait revenir sur mes pas, la nécessité d’aller vérifier au bout du bois la présence du fossé qui alimente le « Puits sans Fond ». J’amorce une descente attentive, scrutant l’apparition des signes de passage de l’eau.
Rien.
Le passage d’eau semble avoir été absorbé par le bois.
Tout au bout, entre les arbres, m’apparaît un grand champ du « Buché », l’eau y a bien creusé son fossé, il s’enfonce, bien visible, dans l’axe sud-nord de la vallée.

La brume s’est définitivement levée, un soleil radieux éclaire le site // 50º31.765’N 002º18.162’E – Alt 155 m.

Reprendre le véhicule et poursuivre prudemment sur le chemin ; gagner celui qui mène à « Mont Cornet » et tourner à gauche vers la Grande Croix. Je l’apercevais depuis quelques temps, éolienne immobile qui semblait se mêler à un groupe au nord est.

La vue doit porter mon regard vers Febvin-Palfart, le village se trouve dans un creux, lieu d’une autre amorce du Surgeon // 50º31.893’N 002º18.572’E – Alt 187 m.

A la Grande Croix, la vue n’apporte rien de plus… Alors, je décide d’atteindre le bord du chapeau de la colline, il est masqué par un bois ; au fond, une ancienne cabane, mais pas d’issue cette fois, aucune vue possible sur la vallée du Puits sans Fond.

Quitter pour Flebvin-Palfart où nous prenons un chemin au sud-est, mais la vue dans la direction de Ligny-lès-Aire et la Tirmande ne porte pas, faudra revenir examiner et fouiller un peu plus les parages…

Direction Westrehem, par la D94… S’arrêter à l’entrée, à côté du château d’eau, hélas, en direction du nord, vers Enquin-les-Mines, la vue glisse sur le massif…

Tout là-bas, coule la Lacquette, invisible, insoupçonnable // 50º31.893’N 002º18.572’E – Alt 110 m.

Sur le retour de ce périple, je cherche un point de vue sur Ligny-lès-Aire. Nous avons perdu de l’altitude, normal, le village est lui aussi dans un creux.
Mais point de vue sur la Cavée de la Tirmande, elle prend naissance par là, cependant rien n’y fait, aucun indice…

Tenter le tout pour le tout, arpenter le Terril avec Roxane.
La vue panoramique facilite l’observation, c’est indéniable, mais elle reste un artifice, une fausse colline qui me procure une connaissance imparfaite du bassin. Le point de vue unique. La primauté du regard sur les plis à arpenter du territoire, comme si, en l’embrassant d’un regard je pouvais le saisir, le ressentir.
Ça m’évoque cette quête d’abstraction, d’élévation, comme dans ces vues dessinées, gravées ou peintes, du 17e et 18e siècle, depuis un point de vue imaginé pour surplomber, dominer d’un regard l’étendue terrestre… C’est comme tenir le globe terrestre dans ses mains, une façon de se déterrestrer.

Serais-je vexé ? Oui et non. Le bassin au ras des pâquerettes était mon choix, celui de consentir l’effort de la marche, de ressentir le froid et le vent, d’assister à un lever de soleil ou à l’arrivée des nuages qui jettent leur ombre mouvante…, de voir la course du soleil contrariée par mes déplacements du nord vers l’ouest puis vers la sud, l’œil rivé au centre du bassin ; tourner autour de la Lacquette comme la terre tourne autour du soleil !

Depuis le terril au sud de Ligny-lès-Aire // 50º33.444’N 002º21.339’E – Alt 79 m.

*

Avec ce dernier arrêt, ce sera tout pour cette dernière séquence de l’année 2022 de la résidence.
Je n’ai pas réussi à boucler cette première tentative du Grand Tour, je reviens fin janvier 2023 !

Séjour du 7 au 15 décembre 2022 | Le Grand Tour du bassin # 2e épisode : vers le sud

Sortie d’Ecouflans, entre « le Val des Prés » et « le Grand Plantis », ce mardi 13 décembre, le froid est saisissant, la campagne est givrée. Le vallon du Truvet n’est pas loin, je sais qu’il plonge sur Groeuppe : comment voir son entaille ?

Tenter en prenant un peu de hauteur, pile poil dans l’axe, à l’entrée de Beaumetz-lès-Aire ; en tournant à droite, je remonte en direction de la ligne de crête coiffée des éoliennes.
Rien d’intéressant, la courbure de la colline ne permet pas d’avoir une vue plongeante dans le vallon.

Sur le bord de la D133, le « Petit Plantis » // 50º32.603’N 002º12.636’E – Alt 186 m.

J’insiste, fouillant le paysage du regard en quête du point de vue espéré, sans retenir un endroit en particulier… puis, je me déplace un peu plus à l’ouest, et finis par redescendre sur Beaumetz.

Après la première ferme, un léger creux me laisse penser que je suis dans l’axe de la source de la Lacquette, entre le vallon du Truvet et la Vallée de Groeuppe.

Un arrêt s’impose // 50º32.649’N 002º13.154’E – Alt 179 m.

Au sud de Beaumetz, une floppée de panneaux m’interpelle, serait-ce un signe ? Je m’imagine sur la ligne de partage entre le bassin de la Lacquette et celui de la Lys ; le panneau indiquant la direction pour Lisbourg me conforte dans cette idée.

Maintenant, contourner le bassin par le sud en direction de l’est : Laires.

J’emprunte un chemin qui longe le village au nord, le faux plat du massif entre la vallée de la Lacquette et celle du Surgeon ; il m’interdit de voir les lointains : je reste collé au paysage agricole environnant.

Se diriger vers le nord, tout au bout du village, à la croisée de la D 159 et de la route qui mène à Bomy ; je veux tenter ma chance, voir jusqu’où ma vue porte.
Observer depuis les champs, en bas des « Hauts Prés » // 50º32.893’N 002º14.807’E – Alt 179 m.

Faut reconnaître que parfois, je me sens dans un désert humain, passant par des chemins ou de petites routes où les voitures sont rares… et les champs restent vides. Cet état de fait provoque parfois un sentiment de solitude, mais aussi une profonde joie de pouvoir jouir en toute quiétude de ces paysages givrés. Ce temps froid est finalement bienvenu, le ciel finit toujours par se dégager, plus ou moins vite, soit ! mais la pluie m’aurait sans doute interdit de circuler aussi librement, le ciel bouché, limitant la vue sur le bassin.

Depuis le Mont Saul, je m’avance dans une parcelle, je regarde en direction de la source du Trou sans Fond // 50º32.188’N 002º16.195’E -Alt 179 m. Je suis passé de l’autre côté, dans le sous bassin du Surgeon.

Un peu plus loin sur la D95, profitant d’un champ dans les « Dondaines », changement de vallée, celle de Hochard, de l’autre côté du Mont à Bruin // 50º32.199’N 002º17.039’E – Alt 171 m.

Mercredi 14 décembre, un écart dans le tour du bassin, petit saut spatio temporelle dans le déroulement du périple.
Amandine est de l’expédition ; n’ayant pas beaucoup de temps, je m’arrête en cours de route, au niveau de « la Justice », à Quernes. Nous cherchons l’accès à un point de vue sur la Lacquette depuis la pente nord du Mont du Hamel ; Jeudi, je reprendrai le cours normal du périple.

A l’orée du bois // 50º35.885’N 002º21.893’E – Alt 61 m, je surplombe la vallée de la Lacquette, elle est là, toute proche, un peu perchée.

Ensuite, non loin, Liettres ; sur le versant sud de la vallée la vue reste plongeante ; la rivière toute proche, derrière la ligne des maisons du village.

Depuis la petite route de Linghem, en suivant la limite entre deux champs // 50º35.577’N 002º21.145’E – Alt 17 m.

Tenter de voir d’un peu plus haut. Poursuivre jusqu’au carrefour, quasiment au pied d’une éolienne.
Je retrouve une sensation similaire à celle ressentie sur la ligne de crête longée il y a quelques jours au nord-ouest : l’altitude ! A environ 60 m au-dessus du niveau de la mer, ça peut surprendre… Mes sens se laissent tromper avec délectation.
Mais bon, finalement, rien de vraiment plus intéressant sur cette colline ; le dôme s’aplatit et la courbure interdit la vue sur le fond de la vallée… les bords s’éloignent // 50º35.457’N 002º21.308’E – Alt 59 m.

Demain, je reprends le périple entre Laires et Livossart, là où je m’étais arrêté hier, retour aux lieux où prennent source la Lacquette et ses affluents du sud-ouest.

Séjour du 7 au 15 décembre 2022 | Le Grand Tour du bassin # 1er épisode : dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, la voie du nord

Reprise de la sortie de novembre, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, en partant du nord.

De repérages en regards dirigés vers la vallée de la Lacquette – c’est la règle -, en essayant de cerner cette « baignoire » un peu fripée qu’est le bassin où coule la rivière ; trouver ou non des indices – des-pas-grand-chose -, après la ferme d’Estracelle, en passant par des lieudits des champs : « La Justice », « Villefleur », « Bréourts », « Champ de Bataille », et à partir du 12 décembre, à côté des « Carbonnières » et « La Grande Pièce » sur le « Mont d’Erny », frisant les 180 m au-dessus du niveau de la mer, froidure et champs d’éoliennes… Avec le froid de canard qui règne, on finit par se sentir en altitude, pris dans le mirage d’une région montagneuse.

Vendredi 9 décembre 2022, « Villefleur » // 50º37.803’N 002º18.023’E – Alt 82 m.

Au nord-ouest d’Enguinegatte // 50º36.525’N 002º16.119’E – Alt 92 m //, le village a grignoté les chemins des champs, rendant difficile l’accès à un point de vue.

Avec Fabienne, nous prolongeons la sortie jusqu’au « Coupe-Gorge », à la bifurcation du Chemin d’Erny // 50º36.339’N 002º15.450’E – Alt 69 m.

Le samedi 10 décembre, seul, un saut pour retourner sur la piste du Grand Tour, au niveau des « Bréourts » // 50º36.472’N 002º15.789’E – Altitude 59 m.
Suis au niveau d’une patte d’oie, me suis posté là, la vue transportant mon regard vers la vallée de la Lacquette, à environ 3 km à vol d’oiseau ; la rivière traverse le village d’Erny-Saint-Julien, d’ouest en est.
Autour du point de vue, les champs ; à droite des éoliennes s’égrainent du nord au sud / Prégnance du bruit de la route, sans doute la départementale D 130.

En poursuivant le chemin qui longe le « Champ de Bataille », l’ombre inquiétante des éoliennes, je remonte en direction de l’ouest // 50º36.097’N 002º14.788’E – Alt 88 m.

Lundi 12 décembre, entamer une nouvelle sortie, avec Roxane cette fois, du centre d’art Labanque, nous nous rendons directement sur le « Mont d’Erny », au pays du vent, avec un froid qui nous prend, gèle nos mains… Le ciel se voile d’une chape grisâtre que le soleil déchire par moment, inondant les lointains, la vallée de la Lacquette // 50º35.655’N 002º14.161’E – Alt 138 m.

… et nous poursuivons sur un chemin de crête peuplé d’éoliennes, multipliant les arrêts, au nord de la « Grande Pièce », longeant le « Grand Pinguin » jusqu’aux « Bruyères »… terminant à « la Justice », non loin du hameau le Grand Bois, à l’ouest du bassin.

« Les Bruyères »// 50º34.615’N 002º11.634’E – Alt 179 m.
Au loin, sur la droite, le bois de Bomy, en direction de la fontaine Sainte-Frévisse.

Là, je touche au Graal ! Au sud de « la Justice » // 50º33.816’N 002º11.740’E – Alt 171 m : à 2,8 km à vol d’oiseau, dans l’axe sagittale, la source de la Lacquette, à Groeuppe.

Finir de contourner le Mont de Groeuppe et se diriger vers Laires, point de bascule entre la vallée de la Lacquette et celle du Surgeon.

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Suite dans un autre post… continuer de descendre vers le sud : entamer la remontée vers les basses terres, au sud d’Aire-sur-la-Lys.