Mardi 26 octobre, après-midi | Retour à l’Abbaye de Saint-André. Faire le tour du site à la recherche d’un double contour de fossés

Sommes repartis pour une expédition avec Fabienne, cette fois nous reprenons la route d’Aire mais nous tournons à Witternesse pour atteindre le site de l’Abbaye Saint-André… Se tromper de route, pas grave, ça permet de montrer le moulin à Witternesse. Arrêt près du pont. Descendre, s’avancer jusqu’au moulin, un battant du portail est ouvert : tenter ? Courte hésitation : j’entre, passe le porche, une cour dévoile de longs bâtiment de part et d’autre, en face, je devine la rivière toute proche… Sonner à la porte. Rien. près un instant, Fabienne me signale du mouvement. Un homme, jeune, ouvre, bientôt suivi d’une femme : exposer la requête, l’envie d’en savoir plus, sur l’eau, ce moulin…

Dorothée et Sébastien en sont les propriétaires, la jeune femme nous dit que son arrière grand-père en était le meunier, c’est un bien de famille. Et puis ses grand-parents étaient agriculteurs ici même, les bâtiments de la cour servaient à la ferme, pour les bêtes entre autre. Le grand-père utilisait encore le moulin pour la mouture du blé pour ses bêtes, avait un moteur à l’extérieur pour entrainer la meule. Dorothée parle vite, passionnée, elle connait son affaire. Sébastien me confirme que sur le site internet, c’est bien eux, l’appel à des fonds participatifs pour la remise en état du moulin… C’était en 2015. Avait très bien marché. Mais il reste tant à faire…

Ils évoquent avec force détails les inondations qu’ils subissent de façon récurrente, la rue a pu être inondée. L’eau menace le site plusieurs fois par an, aussi réclament-il qu’on fasse évoluer la situation. Il y a bien un clapet un niveau du pont qui avait été mis en place, mais cela ne semble pas suffisant, ça demande une surveillance constante lorsque la situation devient préoccupante…

Je leur demande si nous pouvons accéder à la partie rivière, de l’autre côté… Une anecdote : je raconte à Dorothée comment j’ai vu, lors d’un précédent passage, un enfant pêcher par une fenêtre, celle qui donne sur la rivière, la situation était drôle. Me dit que c’était leur fils de 11 ans, mais il ne pêche rien de là… Rires. C’est de là qu’est née mon envie de venir au moulin…

Maintenant, nous empruntons le passage qui mène à la passerelle, celle-ci passe au-dessus de la chute : impressionnant ! Suis ravis de découvrir le site de ce point de vue après la vue du pont en août : contrechamp. Je suis Dorothée sur les planches qui descendent du côté du déversoir, me dit qu’il a été refait avec les élèves d’une école. L’eau passe là lorsque la rivière est très grosse… Elle pointe du doigt le pont, montre la charge de matériaux qui s’accumulent à sa gauche, « c’est un phénomène normal ici, il faudra enlever, sinon ça contribue à faire monter le niveau au pont. » De son côté, Fabienne est restée sur la passerelle avec Sébastien, l’échange a l’air animé.

La rencontre touche à sa fin, nous nous retrouvons un temps sur la passerelle avant de retourner sur la cour. Nous échangeons nos contacts, je reviendrais…

Avant de remonter dans la voiture, je montre à Fabienne l’endroit où se trouve le clapet que nous avons évoqué… Puis, nous rebroussons chemin, en retournant à la patte d’oie, là où j’eus la bonne idée, au final, de tourner du mauvais côté.

Bon, s’agit maintenant de ne pas rater l’endroit pour accéder à l’Abbaye de Saint-André. Carte en main, Fabienne me donne ses indications, je tourne trop tôt, je reconnais un pont que j’avais emprunté avec Didier, hop, demi-tour… L’Abbaye, c’est juste un peu plus loin, il y a même un arrêt de bus du même nom. C’est bien l’endroit, mais au bout de la voie, circulant entre des bâtiments de taille respectable, nous sommes arrêtés par une clôture !… Pas grave, demi-tour. Reprendre la carte. Soyons stratégique ! Aller un plus loin et prendre à gauche cette route prise avec Didier, mène à Saint-Quentin ; il me souvient qu’on peut prendre à gauche après le pont et remonter un peu la Lacquette.

On va contourner le problème. Et c’est reparti… Avançons lentement au bout de la route, jusqu’au cul de sac : une prairie ! là même où Didier m’avait parlé de sa pêche dans la Lacquette. Je descends en premier, observe le cours d’eau et apprécie son courant, sa largeur… Rien à voir avec ce qu’on a vu la veille à Aire-sur-la-Lys. Ça reste un mystère.

De là, j’entreprends de franchir une clôture électrique, savoir si je peux avancer facilement ; Fabienne m’attend dans la voiture, prudente. Des génisses dans le pré. Sont curieuses, commencent à venir, par petites touches, comme si de rien n’était, à la Jacques-à-dit… La clôture lèche la berge. Je resterai donc dans la pâture ; les trognes de saules m’attirent, formes tordues, évidées, fendues, massives… Je n’y résiste pas, les contourne : sont impressionnantes. J’adore. A retenir.

Tout en avançant, je scrute à gauche, espérant voir ces fossés singuliers que j’ai repérés sur la carte. Rien. Toujours rien. Devant une passerelle. La base de l’ouvrage fait ancien, débouche en face un petit canal souterrain, ça m’intrigue… On dirait qu’il relie un fossé de l’autre côté… Je remarque Fabienne qui arrive au loin ; je l’attends pour poursuivre cette aventure champêtre. Après Aire-sur-la-Lys, quel contraste !…

Cette campagne est bien plate, nous n’apercevons rien qui fasse canaux quadrangulaires, sinon une haie en bout de champ, et en prenant le chemin on va vers une ferme… On hésite, la carte m’indique bien quelque chose d’assez important mais toujours rien de particulier. En tout cas, on remarque bien à gauche à droite des fossés dans les prés, mais de petit calibre… Certains sont plus ou moins à sec, d’autres avec de l’eau qui semble s’écouler doucement.

C’est décidé : se diriger vers la ferme ! En arrivant au premier bâtiment, un fossé qui longe, rempli d’eau… Fabienne fait des remarques sur la construction, les murs sont anciens, le toit est en mauvais état, couvert d’une tôle d’un état douteux… On aperçoit d’autres bâtiments d’importance, poursuivant le chemin nous arrivons sur une clôture qui nous barre le passage. Sommes arrêtés, silencieux, un doute nous envahi. Quelque chose cloche : « Mais… mais, nous sommes à la clôture où nous étions tout à l’heure à l’Abbaye ! » Rires… Tout absorbés par notre quête, avons fait un tour complet, la carte confirme.

Retournons, à l’entrée, au premier pré, on y entre, suivant le bâti, longeant le fossé pour atteindre la haie que j’avais aperçu, n’est pas trop loin ; je veux aller voir, vérifier s’il pouvait y avoir ces canaux. Ça ne peut être que là… L’eau du fossé que nous suivons est claire et s’écoule… Arrivons à une petite clôture, un jardin ? Un homme âgé arrive là, du fond, tranquillement, avec son chien. Sommes prudents, ne pas être trop intrusif, ne sommes-nous pas entrés dans des terrains privés ? Je m’avance et le sollicite, lui pose quelques questions, savoir s’il sait quelque chose : bingo !

Nous raconte que les canaux sont derrière le rideau d’arbres, des fossés en fait, ont fait jusqu’à 7 m de large ; cela a appartenu à un comte – ça coïncide avec l’histoire de la pêche racontée par Didier -, probable que c’était des viviers du temps de l’Abbaye… Reste que cette forme quadrangulaire m’intrigue, rappelle de l’aménagement défensif.

Il a été fermier, s’appelle Hammeux, comme celui d’Estrée- Blanche ? Je lui parle de Remy, c’est de sa famille !… Causer des fossés aperçus dans les prés ; Daniel dit connaitre leur principe : ce sont des fossés de drainage, les champs sont très humides, l’un d’eux relie la Lacquette au niveau du pont, une écluse dessous (ou une vanne ? un clapet ?), celle qu’on a vue, et que ça régule l’eau entre la Lacquette et les prés… Voilà qui corrobore mon intuition que tout est lié dans ces terres basses.

Se séparer, poursuivre pour aller voir ces canaux à travers les frondaisons… Nous remontons un fossé… il bifurque à droite, va dessiner sa forme. Suis satisfait d’avoir trouvé.

Sur la carte, j’ai vu qu’il doit relier, à quelques kilomètres, un autre cours d’eau : la Laque ; nous l’avions rencontré au niveau du marais de Besvres, en août, avec Émilie et Samia. Tout est lié. Les marais communiquent, se lient à des rivières éloignées les unes des autres, c’est plat et les eaux abondent…

En remontant un fossé de séparation de prairie, on se rend compte qu’on arrive à la Lacquette : pas possible de traverser là. Rebroussons chemin, à travers le pré. L’herbe est bien mouillée… Et hop, le chemin, le pont, c’est le film à l’envers : regarder à nouveau cette écluse dont on aimerait bien en savoir plus et repasser la clôture… longer les saules… Mais nous introduisons une variante, l’arrêt pour aller admirer les trognes et faire quelques photos : un jeu de sarcophages, se lover dans des troncs…

Temps de retourner en passant par Liettres, Quernes… et puis, s’égarer un peu, faut bien…. mais jusqu’à Marles ! la circulation s’est faite pénible, déviations, ralentissements…, l’espace urbanisé est traversé laborieusement.

Lundi 25 octobre | Aller à l’entrée d’Aire-sur-la-Lys : retrouver la confluence du Mardyck et de la Lacquette


Reprendre l’épisode où nous l’avons laissé avec Didier : à l’orée d’Aire-sur-la-Lys… Nous n’avions pas réussi à trouver la confluence du Mardyck et de la Lacquette, la journée était trop avancée. Chance, avec Fabienne, qui travaille à Labanque, nous arrivons directement sur le dernier endroit vu : soit les deux ponts où coulent, de part et d’autre, chacun des cours d’eau, avec au fond, le restaurant le Mardyck et le château d’eau…

D’abord, tenter le restaurant, mais ne serve pas de café… raté, on a déjà mangé. Je demande, comme Didier me l’avait conseillé, à voir l’endroit où était la piscine, autrefois alimentée directement par la Lacquette. Le jeune serveur m’indique, fort aimablement, d’aller au portail vert à côté, dès fois, il est ouvert. Nous sortons essayer : fermé, mais je regarde par une fente… Faudra trouver un moyen d’entrer, essayer par la mairie d’Aire.

Nous nous rendons aux deux ponts pour apprécier la situation des cours d’eau avant d’entreprendre de suivre la Lacquette. Elle longe une rue, à moins que ce ne soit l’inverse…, des passerelles l’enjambent. Sont des entrées de propriétés. Des arbres d’alignement s’étirent. La voie est toute droite… Et voilà la pluie qui menace, nous croisons un camion des services des espaces verts de la ville : j’interpelle un des gars, et lui pose, empressé, mes questions : où trouver la confluence des deux rivières ?… Damien qu’il s’appelle, pas farouche, m’explique avec une grande clarté la marche à suivre, égrainant l’enfilade des rues et les mouvements à effectuer. Il fait parti d’une association de pêche, c’est un habitué des cours d’eau… En fait, il habite Liettres, super, je le reverrais pour qu’il m’embarque sur les berges, faire de l’à-travers-champ qui me fera lécher l’eau… Je m’y vois déjà.

La pluie nous prend, on s’abrite sous un arbre, puis un autre… Progressons d’arbre en arbre jusqu’au pont indiqué, puis au-delà, dans l’espoir d’en voir un peu plus. Rien. Dans une rue, je vois un autre pont, et tout près, celui qui enjambe le Mardyck. Je n’y comprends plus rien, ce dernier coule assez large, fluide, plutôt clair, je croyais que c’était l’inverse. La lacquette, elle, c’est terrible, ne ressemble à rien, rien qu’un petit ruisseau aux berges encombrées, même une bouteille vide… Pitoyable. Je ne m’explique pas comment a pu se produire une telle déperdition.

Depuis le pont où coule le Mardyck, au loin, impossible d’apercevoir la confluence, et comme ça se passe dans un terrain privé… Ça s’arrêtera là pour aujourd’hui.

Aller plus loin : la rencontre est consommée ! Les cours d’eau, devenus commun, se sont mêlés… Avec Fabienne, nous voulons faire une pause café. Retour à la voiture, direction centre ville. Finalement, en somme, c’est assez loin. La place est déserte : aucun café d’ouvert…

Abandonner l’idée et chercher la Lys, aller vers l’aval, le canal… Saut de puce. Nouvel arrêt, mon obsession, trouver les ponts… Ben voilà, pas loin d’une chapelle, une place, l’eau à quai. Sur un pont lisons des infos sur le rôle des cours d’eau et du trafic marchand depuis le moyen-âge, mais au fait, sommes sur quel cours d’eau ?… Aucune info. J’interpelle un homme d’un certain âge avec deux petits enfants, nous dit : « c’est la Lys bien sûr ! » Elle longe les anciens quais pour traverser le canal d’Aire, à 800 m… Nous propose de le suivre, ils vont dans cette direction.

L’homme en profite pour nous apporter quelques connaissance sur la situation : le trafic historique dans la ville, la porte qui fermait la rivière un peu plus loin en aval, l’usine abandonné qu’on voit sur l’autre rive… Le développement portuaire d’une ville, carrefour où circulait les marchandises provenant ou se dirigeant vers les Flandres, firent sa renommée mais attirèrent aussi, depuis fort longtemps, la convoitise de grandes maisons féodales qui en cherchèrent la possession : les bourguignons, les espagnols et finalement les français… Au passage, je remarque, en jetant un coup d’oeil derrière moi, qu’un cours d’eau vient se marier à la Lys, des ponts l’enjambent dans l’étroitesse du passage. Faudra que j’aille voir au retour…

Aux indications données, nous cheminons, passant d’une rive à l’autre, empruntant les ponts… pour finalement sortir de la ville historique, longeant le cours d’eau et laissant les dernières bâtisses : école maternelle, gymnase… zone industrielle à l’odeur prégnante.

La Lys s’est habillée de vert après la brique sombre ; les berges se font plus douce, quelques maisons au fond de jardins flous, parfois une chaise, un banc, un petit aménagement…

Et puis, arrivent les écluses, enfin ce qui nous y fait penser. Pas très clair cette affaire. En face, semble être un passage d’écluse pour accéder au canal d’Aire, à droite, comme un déversoir où l’eau chute, plus vive.

Au milieu est signalé un camping, un écrit l’annonce sur la la passerelle en béton. Pas folichon tout ça. On se regarde : « on s’avance ? » Rien ne nous l’interdit. Nous pénétrons, ou plutôt, traversons le site où sont à quai quelques mobil-home, certains sont habités. Un homme nous salue. Nous apercevons ce qui nous semble pouvoir être le canal, enfin !… C’est notre horizon…

La barre du canal d’Aire à la Bassée dessine une ligne perpendiculaire, large ; à droite, au loin, un bateau à quai et des silos, à gauche, l’infini… Nous ne comprenons pas de suite, le cours d’eau qui s’était divisé en deux branches débouche dans le canal, enfin pas tout à fait : la branche de gauche traverse, sur l’autre rive, un panneau LYS ; à droite, l’eau bute sur un mur en béton… mais, on m’avait prévenu : un système de vase communicant, la Lys passe SOUS le canal et ressort de l’autre côté. Silence. Nous observons, incrédules… avant de nous en retourner par le bras de droite.

C’est calme, des canards ont élu domicile, se dérangent sans affolement, sont chez eux. Au bout, nous croisons un nouveau bras, semble mort, rempli de lentilles vertes… et quelques quidam. De temps en temps on croise des vélos… Au point que la ville avait fini par nous sembler bien vide, fantôme.

Au niveau de la place, le ciel s’est assombri, j’avais vu les nuages menaçant s’avancer, coupant en deux le ciel, lumière étincelante et noir d’encre… Fabienne rejoint la voiture pendant que je pars à la recherche de mes deux ponts aperçus sur la Lacquette. Aïe, la pluie commence, encore doucement, juste le temps de m’engager dans une ruelle où j’atteins mon graal, enfin un pont sur lequel je m’avance pour observer, en contrechamp, l’arrivée de la Lacquette dans la Lys. Super, c’est consommé, suis satisfait. La pluie a forci au point que je m’empresse de regagner le véhicule, tout en protégeant l’appareil photo…

Nous quittons la ville sous une pluie battante, repoussant notre envie d’une pause café à un autre moment… trouver un endroit où s’arrêter sur le chemin du retour.

Samedi 23 octobre | Après-midi, poursuivre : la quête de la source du Surgeon


Estrée-Blanche : au sortir de la friterie, se remettre en route, seul cette fois : remonter la rue de Fléchinelle, sur la comme d’Equin-les-Mines… Avancé, l’œil rivé sur le Surgeon qui coule le long, dans un fossé profond. Sauts de puce, je m’arrête souvent, pour une passerelle, un panneau, l’abord d’une entrée de propriété… La rue reste bordée de maisons sur la droite, à gauche le panneau barré d’Estrée-Blanche, je quitte le village pour Fléchinelle.

Une passerelle m’arrête, descendre, aller voir : un peu fouillis végétal, entre abandon et singularité d’un joyeux bric à brac. Un homme sort de la maison de l’autre côté de la rue, je l’ai visiblement attiré. Je me dirige vers lui, il m’interpelle, prenant les devants : s’appelle Michel, me dit qu’il est originaire des mines, que si je veux je peux traverser la passerelle aller dans son jardin… Lui parle du Surgeon qui coule là, m’explique que ce n’est pas son lit d’origine, il a été dévié du temps de la mine, son lit est là-bas, derrière : montre du doigt un arbre, il est au milieu…

Quand il y a des inondations, le Surgeon déborde et se répand là, reprend son ancien lit. Me demande de le suivre, nous remontons un peu la rue, me dit de regarder sous des frondaisons : « là, il fait un coude à angle droit, sur 70 m et il reprend son lit en amont. » En aval, il suit la route sur environ 400 m avant de plonger à droite dans le village, vers la Lacquette. Me dit de l’attendre, parti chercher une photocopie : « cette maison, c’était avant un café… »

14h05, j’ai quitté monsieur Deneuféglise, je pourrais repasser le voir à l’occasion. Poursuis ma route vers la ferme des Templiers que Didier m’a dit d’aller voir. Plein de voitures, du mal à stationner… J’observe le cours d’eau qui longe le bâti et pénètre dans la cour. Désert. Non, de la musique, j’aperçois deux jeunes, me dise que c’est une fête pour un départ en retraite ; je rebrousse chemin… Je note qu’ici la vallée est assez encaissée, la pente d’un pré est bien raide.

Continuer vers la Carnoye, c’est maintenant la campagne, les champs… J m’arrête un temps au moulin, l’est en face d’une ferme, bien active. Après, la rivière fait un coude, je devine son cours au loin, en bout de champ, avait-elle aussi été détournée ? Pour le moulin ?… Continuer.

Je m’arrête un peu plus loin, la végétation du cours du Surgeon est revenue à la route, le ruisseau a fait son retour : je m’avance à pieds, à droite un grand champ où a été récolté le maïs, le cours d’eau a parfois mangé ses berges, un embâcle, il doit pouvoir couler fort…

Direction Cuhem maintenant, la carte IGN m’indique des bras ou des canaux dans le hameau, semble avoir des bassins ou de petits étangs… Le Surgeon viendrait de là. Mais d’où ? Quel fossé suivre ? Au bout d’un moment, à observer le terrain, carte en main, je pense avoir trouvé le bon filon…

M’enfonçant dans la rue, arrêts fréquents, je m’approche, photographie la métamorphose du ruisseau en aimable ruisselet qui passe d’un coté l’autre d’une rue qui s’étire, annonce les champs… A la patte d’oie, j’hésite, en face, un corps de ferme, sur le côté, je devine qu’il longe le bâti, s’enfonce ; je le perds de vue… Sentiment d’approcher du but. J’arrive sur des terrains privés : frustration.

Têtu, je prends la rue à gauche et cherche à contourner, trouver une approche… Une placette, une impasse, elle s’enfonce, passe du bitume à l’herbe ; j’aperçois une barrière de champ : je tente à pieds. Un homme dans un jardin a remarqué ma manœuvre, il m’observe.

Au bout du bout, collé à la barrière, je retrouve mon cours d’eau qui passe entre deux prairies. A rebrousse poils, je suis des yeux d’où, et remarque un petit canal dans le jardin de l’homme. Je m’avance vers lui : le Surgeon ? Lui, pensait que c’était la Lacquette ici. « Pour la source, si vous regardez bien, là-bas dans le pré, on perçoit qu’il y a une arrivée d’eau à remonter vers le bois… Sinon, devant, au bout, derrière les tilleuls, il y a une source aussi. » Mais pour lui, il y aurait deux sources en fait… La pâture, là en face, ça nous appartient, mon frère a la ferme, par contre, pour l’autre source, vous pouvez y aller, mais faut retourner et prendre à gauche, remonter encore à gauche et prendre un chemin qui s’avance vers le bois… me signale encore qu’il y avait une cressonnière par là-bas…

Je décide de poursuivre, de tester, me rendre compte du lieu, de ce qui me resterait à entreprendre… Le site où se trouve le hameau est assez encaissé, des allures de montagne ici, ça monte.

Le chemin, est à droite… Je m’arrête, non sans avoir demandé à l’homme qui est à tailler sa haie si je peux m’arrêter là. Il semble surpris de me voir débarquer ici ; je lui explique ma quête, il sourit, me dit que je suis au bon endroit, mais que c’est privé là-bas, et sans doute boueux. A remarqué ma voiture, enfin la marque de l’agglo. J’apprends qu’il est conseillé municipal à Cuhem, enfin, à la commune de Fléchin. A un moment, je comprends ma méprise, je ne suis suis plus sur l’agglo, ici, c’est la CAPSO… Bernard Deron me dit qu’ici c’est la rue du Bois.

Confirme que c’est bien le chemin pour me rendre à la source. Par contre c’est privé. M’invite à aller voir la maire, elle pourrait me faciliter l’accès, me donner des infos. Me dit que ça l’a surpris que je cherche la source du Surgeon, assez inattendu. D’habitude on voit personne ici. Quand il était jeune, il allait à la source, mais ne se souvient plus bien où la trouver, me donne quelques indications pour aller au bois… Prends congé et m’avance dans le chemin, je veux aller voir, enregistrer l’endroit, mémoriser pour y retourner plus tard… Lui, s’en retourner faire son nettoyage dans le jardin.