Séjour du 7 au 15 décembre 2022 | Le Grand Tour du bassin # 1er épisode : dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, la voie du nord

Reprise de la sortie de novembre, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, en partant du nord.

De repérages en regards dirigés vers la vallée de la Lacquette – c’est la règle -, en essayant de cerner cette « baignoire » un peu fripée qu’est le bassin où coule la rivière ; trouver ou non des indices – des-pas-grand-chose -, après la ferme d’Estracelle, en passant par des lieudits des champs : « La Justice », « Villefleur », « Bréourts », « Champ de Bataille », et à partir du 12 décembre, à côté des « Carbonnières » et « La Grande Pièce » sur le « Mont d’Erny », frisant les 180 m au-dessus du niveau de la mer, froidure et champs d’éoliennes… Avec le froid de canard qui règne, on finit par se sentir en altitude, pris dans le mirage d’une région montagneuse.

Vendredi 9 décembre 2022, « Villefleur » // 50º37.803’N 002º18.023’E – Alt 82 m.

Au nord-ouest d’Enguinegatte // 50º36.525’N 002º16.119’E – Alt 92 m //, le village a grignoté les chemins des champs, rendant difficile l’accès à un point de vue.

Avec Fabienne, nous prolongeons la sortie jusqu’au « Coupe-Gorge », à la bifurcation du Chemin d’Erny // 50º36.339’N 002º15.450’E – Alt 69 m.

Le samedi 10 décembre, seul, un saut pour retourner sur la piste du Grand Tour, au niveau des « Bréourts » // 50º36.472’N 002º15.789’E – Altitude 59 m.
Suis au niveau d’une patte d’oie, me suis posté là, la vue transportant mon regard vers la vallée de la Lacquette, à environ 3 km à vol d’oiseau ; la rivière traverse le village d’Erny-Saint-Julien, d’ouest en est.
Autour du point de vue, les champs ; à droite des éoliennes s’égrainent du nord au sud / Prégnance du bruit de la route, sans doute la départementale D 130.

En poursuivant le chemin qui longe le « Champ de Bataille », l’ombre inquiétante des éoliennes, je remonte en direction de l’ouest // 50º36.097’N 002º14.788’E – Alt 88 m.

Lundi 12 décembre, entamer une nouvelle sortie, avec Roxane cette fois, du centre d’art Labanque, nous nous rendons directement sur le « Mont d’Erny », au pays du vent, avec un froid qui nous prend, gèle nos mains… Le ciel se voile d’une chape grisâtre que le soleil déchire par moment, inondant les lointains, la vallée de la Lacquette // 50º35.655’N 002º14.161’E – Alt 138 m.

… et nous poursuivons sur un chemin de crête peuplé d’éoliennes, multipliant les arrêts, au nord de la « Grande Pièce », longeant le « Grand Pinguin » jusqu’aux « Bruyères »… terminant à « la Justice », non loin du hameau le Grand Bois, à l’ouest du bassin.

« Les Bruyères »// 50º34.615’N 002º11.634’E – Alt 179 m.
Au loin, sur la droite, le bois de Bomy, en direction de la fontaine Sainte-Frévisse.

Là, je touche au Graal ! Au sud de « la Justice » // 50º33.816’N 002º11.740’E – Alt 171 m : à 2,8 km à vol d’oiseau, dans l’axe sagittale, la source de la Lacquette, à Groeuppe.

Finir de contourner le Mont de Groeuppe et se diriger vers Laires, point de bascule entre la vallée de la Lacquette et celle du Surgeon.

*

Suite dans un autre post… continuer de descendre vers le sud : entamer la remontée vers les basses terres, au sud d’Aire-sur-la-Lys.

Séjour du 14 au 24 novembre 2022 | Troisième et dernière visite : au bord du bassin, au nord : les lieudits des champs « La Justice », « Les cailloux »

Mardi 22, aller voir des points repérés sur la carte, Émilie conduit, j’oriente. Finir par trouver : direction la ferme d’Estracelle (bien marquée sur la carte IGN), pas de nom de lieudit des champs sur ces terres. Chance, l’agriculteur se manifeste à nous voir rôder ; nous dit que sommes à côté du chemin recherché. Partons à travers champs. Sommes équipés : nous avons nos bottes !

Un événement : un chevreuil, ou deux ?… L’animal est curieux : au loin, nous le voyons s’avancer prudemment en direction de la ferme ; le revoyons un peu après, courant, sautant, émergeant à des endroits différents, longeant une haie, sans doute cherche-t-il à quitter ces lieux trop marqués de présence humaine.

La pente de la colline indique le sud, en direction des cours d’eau qui alimentent la Lacquette : nous observons, goûtons l’endroit ; derrière, au nord, la route et on aperçoit au-delà une station de traitement des eaux usées et/ou d’eau potable, enfin, on la devine plus qu’on ne la voit.
Là-bas, c’est le bassin de la Lys.

Nous retournons au véhicule par cette route, celle-ci mène à Mametz.

Deuxième point, viser le lieudit des champs « La Justice » : passer par Saint-Quentin et retrouver au Pont de Folie – le pont enjambe le Mardyck – la petite route étroite serpente vers le village de Ham.

Avant le lieudit le Monbus, se garer dans la pente d’un chemin agricole, pas confortable comme situation, on espère ne pas gêner… mais où trouver à stationner dans cette campagne ? Ce chemin est annoncé privé, interdit aux véhicules et aux chiens même tenus en laisse… On dirait qu’on n’aime pas la chasse ou qu’on se la garde.

La montée est douce, on se dirige vers une cote à 33 m au-dessus du niveau de la mer ; au point précédent, on devait être à 30 m… Autant dire que c’est relativement plat ici, normal, nous ne sommes pas très loin d’Aire-sur-la-Lys et des basses terres.

Un point mobile dans le paysage finit par nous intriguer, donne l’impression d’être au niveau de la route, mais ce n’est qu’une impression, en poursuivant notre marche nous voyons un tracteur foncer sur le chemin qui coupe perpendiculairement le nôtre, va-t-il tourner et venir vers nous, non, il fait demi-tour et fonce dans la direction opposé. Revient. Repart, et ce, une autre fois encore… Étrange vision d’un bolide des champs qui va et vient sans autre but ! A son dernier passage, sommes pas loin, l’homme au volant nous salue, je fais de même et il disparaît cette fois : hum, fin de l’intermède.

En revenir au bassin : faut donc faire un effort, trouver des arguments comme quoi nous sommes bien dans le bassin de la Lacquette ; heureusement, un fossé nous sauve, il trace son lit en direction du ruisseau le Mardyck (doublé parfois du nom La Liauwette)…

Enfin, troisième et dernier point ce matin, prendre la direction de Marthes et s’aventurer tout au bout d’une rue : un chemin doit mener aux champs, le lieudit des « Cailloux ».

S’arrêter et poursuivre à pieds par ce chemin agricole : au bout, un bâtiment, un hangar, des engins dedans et quelques bovins. Émilie s’indigne de les voir parqués sans autre présence autour. L’endroit ferait mort, voir abandonné sans cela.
Plus avant, c’est l’autoroute des Anglais, le bruit l’a annoncé avant de le voir. Sommes un peu déçu du lieu, faudra que je revienne et prenne du temps pour sentir le bassin… Sommes à 51 m au-dessus du niveau de la mer et pourtant je ne remarque pas trop que nous avons pris de la hauteur, sauf peut-être en regardant du côté de l’autoroute vers le sud-est, indéniablement, ça descend. D’ailleurs, sur la carte, un nom des champs l’attesterait : « Le Fond Madame » ; le Mardyck naîtrait par là-bas.

Somme toute, notre rencontre avec ces 3 endroits sur le terrain n’est pas évidente. La ligne bleue du bassin dessinée avec Flora Tivelet de la Direction du GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Risques d’Inondation) sur la carte reste une fiction ; sur le terrain on se donne des raisons d’y croire, de s’enthousiasmer pour un fossé, une pente, une bosse…

Comment lire ce paysage où des eaux doivent s’écouler de terres en fossés, de fossés en ruisseaux, vers leur exutoire, la Lacquette ?
Opiniâtre, je poursuivrais ce voyage initiatique à observer des pas-grand-choses : quelques ondulations du paysages, des chemins qui traversent les champs dénudés à l’automne…
Rien de spectaculaire ici, malgré tout, je veux donner un corps à ce bassin, réussir à en révéler sa bordure, par touches, avec des endroits du paysage que je vais activer.
Tel est cet autre aspect du projet que, désormais, j’appellerai le Grand Tour et qui va exister aussi sous la forme d’une publication.

Séjour du 14 au 24 novembre 2022 | Deuxième partie : toujours à la rechercher de lieux, auprès de cours d’eau ou sur le bord du bassin

Vendredi 17, sortie avec Fabienne sur site : lui montrer celui de la Tirmande et celui du marais de la Besvres.
Le temps est dégagé, fait très beau, étonnant après ces derniers jours. Bon, ce n’est pas l’été, soit ! mais l’automne doré où les feuilles deviennent lumière avant de finir humus. Un moment de bascule.
En arrivant sur le premier site, cette fois : les ouvriers du chantier du pont ; sont en pause, nous approchons de midi. Je demande la permission de passer. C’est un peu plus encombré que la veille. Faut enjamber.

Je laisse Fabienne découvrir : aller au-delà de la barrière pour fouiner… humer ces lieux. La météo clémente facilite l’observation. Sommes posés tranquillement contre la clôture qui longe le cours d’eau : là, un pont ; à côté, un arbre qui nous interpelle… Mais cette clôture empêche tout accès à l’eau, demi tour, jeter un œil au fond du fossé, seul moment accessible du ruisseau, juste à côté de la barrière : le filet d’eau est en peine aujourd’hui. La Cavée de la Tirmande traverse le bourg, il est principalement alimenté par les eaux de ruissellement.

Le panneau indique que nous sommes sur la commune de Ligny-lès-Aire, le site des terrils est interdit d’accès, enclos.

En retournant au pont, nous nous arrêtons à la clôture du pré, celle-là même qui m’intéressait hier : il est temps de l’ouvrir et de descendre vers le cours d’eau. Ce pré est une invitation : ouvert sur la vallée ; en face, la pente s’expose comme un tableau. Un paysage restreint où seule l’eau manque, cependant les signes de sa présence sont bien là : un broussaille en guise de ripisylve dessine la limite de la pâture, suffit de la suivre des yeux.
Seul accès apparemment en face de nous, une barrière encadrée de tôles : impossible de passer sans risquer de la faire tomber, je ne vois pas clairement ce qui la retient. Je verrais plus tard avec l’éleveur, car derrière ça m’intrigue : ce qui fait le lit du ruisseau est paré de clôtures… Serait-ce un passage à gué pour aller vers d’autres pâtures ? Pourquoi ces tôles ?

J’entreprends de vérifier s’il n’y a pas un autre passage, longe vers l’amont : rien… Tout au bout du pré, derrière la clôture, au creux, le ruisseau, enfin ! Un pont l’enjambe ; celui-ci passe sous le remblai du chemin de fer. Par chance, je suis tombé sur ce pont qui était noté sur la carte IGN mais que je ne savais pas localiser sur le terrain, et pour cause : ce talus abrupt est désormais enfriché, les arbres masquent tout repère visuel. J’imagine le travail colossal qu’il a fallu fournir pour apporter toute cette terre et l’ériger en muraille, juste pour franchir une modeste vallée… Comme à Estrée-Blanche, faire passer le train a exigé la planéité du terrain, de combler les creux du paysage et d’araser les bosses.
Cette trouvaille attise mon envie d’en voir plus…
Aller regarder cet endroit d’au-dessus !

Remonter au chantier et contourner le pont pour emprunter le chemin autrefois de fer, aujourd’hui de randonnée : la Via Francigena, celle-là même déjà croisée à Longhem.
En marchant, je fouille du regard les bas côtés, apprécie la hauteur qui augmente, cherche des yeux le ruisseau ; je ne l’aperçois qu’à peine au début, puis il disparaît, définitivement, masqué par les broussailles de la pente. Je devine tout juste l’emplacement du pont aperçu d’en dessus : rien à voir ! tout à déduire et à imaginer. Inutile de poursuivre, je n’obtiendrai rien de plus de cette marche.

Quitter la Tirmande pour le marais de la Besvres, un endroit qui m’est connu depuis longtemps,
depuis le début de mon en-quête… Repasser par Estrée-Blanche, direction Witternesse puis La Besvres au sud des Pâtures d’Aire.

A La Besvres, j’entraîne Fabienne vers l’écurie proche du manoir, nous passons par la barrière qui donne sur le marais – celle-ci a été ouverte à plusieurs reprises, que ce soit avec Michel, Émilie et Samia ou encore Alfred…

Les chevaux, au loin (la pâture est grande).

Faire le tour par le fossé à gauche et remonter jusqu’au début d’un autre cours d’eau : la Laque.

Les chevaux semblent bien profiter eux aussi du beau temps : ils broutent, insouciants ; certains partent joyeusement au galop : c’est leur vie.

La mienne : trouver un endroit qui me plaît.
Ce sera en face de la barrière communal, enfin, celle qui se devine de l’autre côté de la pâture (je rappelle, elle est grande et je n’ai pas refait de photos).
Le mieux, d’ailleurs, est d’aller voir là-bas, la voir de près, de très près… l’ouvrir même, et emprunter le passage qui mène directement à la route, ça serait un accès pratique pour un public.
Avec Fabienne nous en convenons, l’endroit est à retenir !

Sortir sur la route, enfin…, sur le trottoir et regagner la voiture : quitter le marais de la Besvres pour ?…

Je propose à Fabienne d’aller vers Marthes, au-dessus de Blessy, près de Mametz. N’y suis jamais encore allé. Voir le Mardyck, jeune, avant Ham, me rapprocher de sa source, voir à quoi ressemble le ruisseau en ces lieux…

Croisons un ancien qui fait sa marche quotidienne, nous raconte l’eau ici, celle qui court à travers les champs, les alignements de saules blancs qui marquent son passage, ils dessinent encore l’ancien parcellaire d’après lui. Ces saules blancs nous fascinent…

Ici, mes arrières pensées : en allant vers le nord, je cherche à m’approcher de la limite du bassin de la Lacquette, telle que je l’ai dessinée sur la carte ; elle doit être juste être au-dessus de Marthes ; au-delà, on bascule dans le bassin de la Lys.

L’endroit me plaît, je sens la fin d’une pente, l’arrivée en douceur sur un point haut…

Par contre, le Mardyck n’est qu’un fossé où coule laborieusement un filet d’eau, vers Ham… Le fossé est bien calibré, il longe un chemin de campagne : un fossé des champs qui ne laisse rien paraître de son devenir… Suis un peu déçu de voir si peu de cas pour un ruisseau qui va entrer en gloire à Aire-sur-la-Lys.

Poursuivre jusqu’à un carrefour : nous apercevons l’ancien qui remonte vers le bourg, solitaire, et nous, nous allons juste observer un de ces alignement de saules qui vient buter contre la route : une double clôture encadre un fossé…

A l’opposé, le chemin mène à Ham, mais impossible ensuite de l’emprunter en voiture, il est privé, d’ailleurs comme celui que nous venons d’utiliser… Je reste perplexe, va falloir retourner au véhicule et rebrousser chemin.

Une prochaine fois, j’irais un peu plus à l’ouest, à la sortie de Marthes, en direction de l’autoroute des Anglais, je pense trouver un chemin qui me permettra d’approcher encore le Mardyck, toujours à la recherche d’endroits où me poser lors de mon Grand Tour, une nouvelle marotte ?