4 mars 2023, reprise des prélèvements, le regard collé aux cours d’eau, à leurs berges, en quête d’un nouveau regard… Pour un paysage à fleur d’eau, aux ras des pâquerettes, encombré de détails.
A l’entrée de la Tirmande… descendre dans le fossé de la Cavée de la Tirmande, est assez abrupte ; beaucoup d’éléments anthropiques jonchent, charriés par les arrivées d’eau.

Morceau d’os de bovidé, de calcaire et bout de brique usé par l’eau, une semelle de chaussure d’enfant.



Au pont à droite, prendre un chemin de sous bois, privé sans doute, des marques d’occupations de chasse. Il longe le fossé de la Cavée de Vignacourt, bien à sec et se poursuit à travers champs.



Prélevé 2 morceaux de métal rouillé, bris d’élément de construction, brins d’herbacés agglomérés par l’eau.



Retour par un champ labouré, les mottes s’effritent, c’est bien sec pour la saison.

Se déplacer vers Lingy-les-Aire pour remonter la Cavée de Vignacourt. Deux ponts : le fossé arrive, longeant la route et la traversant en direction des champs…
Des buses venant de Ligny sort de l’eau domestique, grise, malodorante. Elle nourrit le cours d’eau.


Prélevé des feuilles et des racines dénudées par le passage de l’eau.


6 mars 2023, reprendre la Cavée de la Tirmande, juste avant les terrils du Transvaal. Passer sous le pont à droite, il a fini d’être rénové, se diriger vers le fossé en bas des champs. Les arbustes de la berge ont été taillés depuis ma visite en novembre 2022.

Descendre dans le fossé, observer ce qui est normalement masqué par la végétation, c’est un chemin d’eau ponctué des traces de dévalement de l’eau des champs et de son passage dans Ligny-lès-Aire et la Tirmande.


Suis pourtant éloigné de la Tirmande, le lit est toujours habité de déchets, plastiques, bouteilles, fragments d’objets divers : ai prélevé une cartouche bleue, des brindilles agglomérées par l’eau, un bout de plastique.


Continuer en direction du Transvaal, pas en descendant le long des terrils, mais en allant tout droit, par une route taillée dans les champs. La descente est marquée. On lit sans peine le trait du fossé du Vauda. J’assiste au loin à une course poursuite de lièvres. Le premier s’arrête, le suivant le rattrape. Accouplement… Un autre lièvre surgit, un concurrent visiblement. La femelle en profite pour s’esquiver ; un nouveau lièvre apparaît… Les mâles se surveillent. La femelle est loin maintenant. Indéniablement, le printemps est là, la faune s’active, pas encore trop la végétation.
Une grange de stockage, bordée d’un dépôt de fumier d’où s’écoule les jus ; l’eau du fossé est presque noire. Toujours autant de déchets ponctuent le fond, mêlés aux cailloux, aux tiges d’herbacées…



Pris un bout de plastique noir, c’est ce qui domine, quelques cailloux, des tiges-squelette d’orties (elles aiment l’azote), des brindilles emportées par l’eau…


Retourner et prendre le chemin de la Breteulle pour couper vers l’autre bassin versant, celui du Surgeon. En descendant vers son lit, ai repéré un sentier. Le ruisseau coule tout en bas, vif, rassurant après l’épisode fossés…

Ai pris un bout de plastique usée, couleur « saumon », une petite plume, quelques cailloux, 2 bouts de bois – ça deviendrait bucolique ici !




Arrivée à Fléchin et remonter vers la Source du Puits sans Fond, à Boncourt, vers 12h20, c’est la pause casse-croûte.



La source est toujours aussi limpide : 3 petits cailloux avec des taches noires de micro organismes.


De Boncourt, passer à la source la Douce Fontaine. Je laisse le véhicule à l’entrée d’un chemin qui descend vers le fond du vallon. Un agriculteur entre dans le champ à côté et entame ses travaux, un lièvre s’enfuit.





Longeant l’eau dans le sens aval, un passage ouvert puis fermé, dans un sous-bois, des habitations apparaissent sur l’autre berge. Le cours d’eau est-il déjà devenu le Lauvet ? première rencontre avec une végétation aquatique depuis un moment, les plantes se laissent caresser par l’eau, ondulent.






Prélevé des feuilles avec mycélium, un anneau orange, jeu d’enfant ou pour un chien ? Il est mordillé. Un petit bout de bois avec lichen, tige de saule avec des feuilles oblongues, saule hybride ?



Poursuivre sur Fléchin et prendre la route de Saint-Omer, retrouver le Lauvet à gauche, il passe sous la route et file dans le fond de vallée rejoindre le Surgeon.


Feuilles, brindilles d’herbacées, bout de bois, plume (pigeon ?), bras de poupée.


Au Surgeon, un coin de pêcheurs ? Ramassé une boîte faisant à penser à de celles qu’on utilise pour les asticots… feuilles de peupliers, chatons de noisetiers, plumes d’un festin, un prédateur est venu là.




Suivre le Surgeon jusqu’à Cuhem. Il est vers 15h30 ; du bord de la route, je m’avance vers le cours d’eau : deux rafles de maïs, un bout de plastique…




Continuer sur Rupigny : l’eau coule vivement le long de la route, c’est bien « sourcé » ici ; plein de canards, on les entend avant de les voir, c’est comme ça les canards. Ils habitent là, deux habitants du coin me confirme : sont là en liberté toute l’année, se sont mêlés aux colverts…


Malgré l’évitement des véhicules, j’en trouve un d’écrasé, puis deux dans le fossé, c’est l’hécatombe. J’imagine qu’à la période de reproduction, sont imprudents.





7 mars 2023, pluie : route de Fléchinelle, à l’entrée d’Estrée-Blanche, le Surgeon coule vivement. Sur le site visité en décembre 2022, les restes du débroussaillage et de la taille des arbres.


Au sol, sur la berge, je glane : une canette écrasée (il y en avait plusieurs), un bout de pastique bleu (pas seul…), des fruits secs d’aulne, 2 vieilles tiges de sureau, un cailloux pris dans le ruisseau, une coquille Saint-Jacques. Ça sent carrément la ville ici…


Retrouver la Lacquette sur Serny, pourquoi suis-je retourné vers Serny, je ne sais plus trop… Près du pont, un espace public donne un accès l’eau, une « boite » à livres, une cane qui appelle, des branches au sol, c’est l’époque de la taille des arbres, une constante partout où je passe…





Rameaux de saules pleureur, sans doute hybridés, bout de bois avec lichens, papier bonbon, briquet noir, coquille de noix et emballage argenté.


Remonter à Enquin-les-Mines, non loin du moulin des Espagnols. Un petit pont, à droite démarre un sentier, je le prends, boueux et glissant, il s’enfonce en sous-bois, longe la Lacquette, super.



Tomber sur un chantier de coupe/débroussaillage : pris des éclats de bois, un plastique bleu, une cartouche translucide, un bout de bogue de marronnier d’inde, un cailloux du bord de l’eau et un plastique d’emballage.





Sortie d’Enquin-les-Mines, prendre une rue, sans issue, elle me permet de retrouver l’eau et la suivre… La rue est parallèle à la Lacquette. Continuer à pieds, à travers pré, jusqu’à la berge. Longer, observe et prélever, c’est devenu une habitude : tiges sèches d’anthrisque des bois, d’orties, éclat de bois d’aulne, châtons fraichement tombés et fruits, plastique usé.






Un peu plus loin, arrêt dans Erny-Saint-Julien, aller au bout d’un cul de sac, retrouver la berge… tomber sur un amas de restes calcinés : ramassé des morceaux noirs et oranges ; plus loin, un bout de plastique noir, des brins végétaux agglomérés par une crue.







Pétigny maintenant: sortie en direction de Bomy, chercher un accès à l’eau… pas si facile. Se faufiler par une trouée dans la haie de clôture d’une plantation d’arbres.


Gagner le bord de la Lacquette, longer, photographier et prélever : tiges de plantes dans les branchages, sans doute du gaillet grateron… 2 bouts de plastique, un bout de tige d’apiacée, écorce.





Rentrer maintenant, doit être vers 16h, le temps m’a bien refroidi et va falloir retourner le véhicule,à la communauté d’agglomération.
Erny, Enquin… Estrée-Blanche, puis tourner sur Longhem et s’arrêter une dernière fois, au site repéré pour un campement : retrouver les emportés accrochés dans la clôture au pied du pont, fouiner, longer la berge : sable, petite plume, bout de plastique, enveloppe de plante, 1/2 coque de noix, bout d’écorce ayant séjourné dans l’eau, bouchon de bouteille d’huile ‘Lesieurs’.








Impression de finir par rechercher les indices de présences humaines plus que végétales ou animales… une façon de montrer combien les cours d’eau qui font la Lacquette sont anthropisés, dès leur naissance. Où que j’aille. Nous sommes partout, l’espèce est cosmopolite.