Février 2023 | début des prélèvements dans les cours d’eau du bassin

Samedi 11 février, j’ai entrepris de faire des prélèvements pour les campements. Je vais, je viens ; je remonte des fossés au-delà de ce que j’avais pu faire.

Je pensais avoir épuisé mes ressources en eau du bassin ; au passage, je découvre encore de nouvelles façons d’aborder les apports à la Lacquette. Celles-ci deviennent possibles depuis que je me suis bien familiarisé avec le bassin ; cela fait plus d’un an maintenant…

J’en suis arrivé à m’aventurer plus en amont, au sud-ouest, jusqu’à des fossés qui fleurtent avec les limites du bassin. Là où je ne voyais que des creuses sèches insignifiantes, je suis maintenant à même d’appréhender des sources non négligeables, par temps de pluie, surtout lors d’orages, toujours localisés, qui amènent des quantités d’eau importantes en un court laps de temps. L’eau n’a pas le temps d’être absorbée par les terres des champs, elle ruisselle sans entrave, dévalant des fossés, gonflant les ruisseaux et, au bout du compte : la Lacquette…

C’est un peu ces histoires que mes nouvelles pérégrinations racontent, montrant de nouveaux aspects du cours d’eau et ses affluents, notant des détails, en regardant de plus près, touchant même des matières… que je ramène, enrichissant le cours de la résidence, en vue de préparer la restitution en juin.

En arrivant au niveau des dernières maisons de la rue de Livossart à Honnighem, retrouver la source. L’eau y est claire… ai prélevé 3 petits morceaux de silex…

Dans le sens du courant, le pont à Honnighem, près de l’allée du château : un bout de plastique collé à une feuille de peuplier…

Un peu plus loin, sur la droite, un chemin mène à un gué, le flux vient de la rencontre entre la source du Puits sans Fond et le cours d’eau descendant de Febvin-Palfart. Non loin de la passerelle : pris un morceau de brique…

Sur l’autre, rive, remonter un peu le cours d’eau provenant de Febvin-Plafart : longer l’arrière du château, scruter les berges, et revenir sur mes pas, par le bois en longeant un temps le Puits sans Fond : des affaires abandonnées des riverains, vestiges d’une fréquentation révolue, des traces de petits habitants, fort discrètes…

Repartir, quitter Honninghem. Descendre le cours d’eau en direction de Fléchin, tourner sur Pippemont : ça grimpe bien. Dans la côte, une échappée à ma gauche ; je me gare un peu plus haut, le long d’une maison ; le propriétaire, curieux de ma présence, engage la conversation et confirme : le sentier descend bien au cours d’eau, le longe même un peu…

Ce ruisseau n’a pas de nom pour l’homme, mais ici, normalement ça doit être encore le Puits sans Fond, à moins que ce soit déjà le Surgeon ?

Ai trouvé du « brin », des brindilles charriées par le cours d’eau, en ai ramassé un peu, un duvet d’oiseau, un stylo bille mêlé à la berge, quelques lanières de plastique, sans doute issues d’un sac tissé.

Plus loin au niveau d’une passerelle : 3 chatons d’aulne…

*

Reprise des prélèvements, dimanche 12 février, façon de continuer d’aller à la rencontre des arrivées d’eau dans le bassin : changer de vallée, aller à l’amorce du Truvet, un fossé pluvial, non loin de Beaumetz-lès-Aire. C’est le retour au pays des éoliennes… signe que je suis sur le bord du bassin : pris des graviers.

Si l’eau ne doit pas couler souvent ici, elle doit dévaler de façon brutal, elle a tracé son chenal, rongé le sol, mis à nu des cailloux…

Après mon retour sur Beaumetz, avant de me diriger sur Bomy, un détour par l’amorce de la vallée de Groeuppe : passer entre des maisons… un chemin agricole… une barrière : elle signale la sortie d’eau de la station d’épuration et signe la fin de mon entreprise ici.

Plus bas, il doit y avoir les retenus d’eau. C’est moins bucolique que la source de la Lacquette à Groeuppe. Le début de la rivière pourrait bien relever de ces eaux de restitution après recyclage !…

*

Reprendre la route en direction de Bomy : un chemin à droite, descend tout droit dans le creux de la vallée de Groeuppe ; y chercher le fossé…

Voilà où passe l’eau de la station de traitement, c’est ténu : un peu d’eau de part et d’autre du creux du chemin couvert de graves, de nombreuses traces de petits rongeurs dans la vase… Intransportable. Mes prélèvements restent subjectifs… Ici rien hormis quelques photos.

Poursuivre sur Groeuppe, y retrouver le Truvet, il arrive en toute discrétion à la route… Je le suis, de l’autre côté… le vois disparaître sous le trottoir, plus de traces. Emprunter un chemin à droite, une autre arrivée, un fossé à sec, il vient de la direction de Beaumetz, logique, c’est celui que je viens de quitter !

Je finis par aborder l’homme qui bricolait dans son jardin, sympa, il m’explique et me montre l’aménagement de son père. Le Truvet passe le long de l’habitation, masqué par une allée pavée ; l’autre fossé le rejoint, il arrive perpendiculairement, le tout passant sous le petit hangar au bout de son terrain. Il est rejoint par sa femme. Philippe et Maggy, issus de familles d’ici, disent qu’ils n’ont jamais été inondés malgré ce dispositif qui contraint les arrivées d’eau…

L’homme m’emmène voir le Truvet, il longe la pâture de l’autre côté de la route… Son débit a creusé, étendu le fond… Philippe me dit qu’il est arrivé qu’il déborde sur la route, c’était en lien avec un orage plus haut, l’eau a dévalé…

Et puis, j’ai voulu voir l’arrivée du Truvet à la source de la Lacquette… Impression d’être remonté bien en amont de la naissance officielle de la rivière, là où ça commence : d’un côté une colline, la chute des champs, le ravinement, de l’autre, une station d’épuration ! Décidément… semblerait que le mythe en prenne un coup.

Rien trouvé à prélever à la source, dommage. Poursuivre mon chemin, suivre la rivière naissante en direction de Bomy, je cherche à l’approcher : un chemin sur ma droite, une aubaine, une belle descente, un passage à gué qui trace son chemin de l’autre côté de la vallée…

C’est en eau, les tracteurs ont fini par creuser et dessiner une mare, une petite passerelle assure au pédestre le franchissement… Je fouine, observe de part et d’autre les berges, j’y relève des plumes issues d’une prédation, des morceaux de branches déchiquetés par une épareuse : j’embarque !

Maintenant, aller à la fontaine Sainte-Frévisse, suis tout proche mais faut passer par Bomy : 3 petits cailloux du fond de la source, et hop !

En me relevant, je dérange un habitant des lieux, on dirait bien un chabot, première fois que j’en vois un. Il est parti se poser sur le sable, en face.

En voyant le flot vif dans le fossé de l’autre côté de la route, je me souviens que Daniel Boys m’avait dit l’avoir remonté jusqu’à trouver une source…

Un homme arrive, s’appelle Guy, je l’interroge sur la source, il me dit avoir toujours connu cette eau qui provient de « La fontaine de ch’claire »… Enfant, il allait souvent là-bas, prenait même de l’eau de la source pour boire, depuis, elle a été analysée et le verdict est tombé : impropre à la consommation… Avant de poursuivre sa promenade, il me montre par où aller la voir.

Arpenter une prairie, en émerge une couronne buissonnante cerclée d’une clôture : là se trouve la source hivernale ; entre les tiges de la végétation épineuse, j’aperçois le mouvement bouillonnant de l’eau. Paraît qu’à l’été elle est à sec, c’est sa nature. C’est une source temporaire qui émerge d’un trou conique de 3-4 m de profondeur !

En redescendant, je regarde cette eau sortir de la végétation ; de l’autre côté de la route, elle est descendue grosse il n’y a pas longtemps, elle a charrié des végétaux : pris des brindilles.

*

Mercredi 15, suis presque en haut du Fond Berquigny, arrivant par Laires ; au niveau du virage au lieudit des champs le « Fond de la rue des Marais », je poursuis à pieds à travers champ, c’est suffisamment sec : la vallée est à peine creusée.

Au centre, les herbes ont été couchées par les passages d’eau, des brindilles ont été emportées et retenues par des tiges, s’amoncelant, j’y prélève quelques emportées de crues.

Retrouver le Fond de Berquigny près du château de Bomy, à pieds je finis par trouver une entrée de pâture en direction du lieudit de Berquigny ; filer jusqu’au fossé pour trouver sa jonction avec la Lacquette. Sur l’autre rive, c’est au château.

Dans le lit du fossé : prélevé deux petits silex, puis quelques feuilles, des herbes sèches, un bout de plastique bleu et une demi coque de noix.

Auprès de la Lacquette, un accès bovins où sont imprimées les traces insistantes des oies que j’ai aperçues au fond du pré : quelques plumes, un tesson de vaisselle, un bout de bois.

En quittant l’endroit, je cherche un nouvel accès à la rivière ; je finis par trouver, au bout de l’allée du château, par la Grand Rue, le pont qui enjambe la rivière. J’emprunte les marches : quelques feuilles sur le bord et un mètre ruban rouge, bien en vue au fond de l’eau !

Fin des prélèvements pour cette fois, un beau début, je poursuis début mars.