Séjour du 14 au 24 novembre 2022 | Deuxième partie : toujours à la rechercher de lieux, auprès de cours d’eau ou sur le bord du bassin

Vendredi 17, sortie avec Fabienne sur site : lui montrer celui de la Tirmande et celui du marais de la Besvres.
Le temps est dégagé, fait très beau, étonnant après ces derniers jours. Bon, ce n’est pas l’été, soit ! mais l’automne doré où les feuilles deviennent lumière avant de finir humus. Un moment de bascule.
En arrivant sur le premier site, cette fois : les ouvriers du chantier du pont ; sont en pause, nous approchons de midi. Je demande la permission de passer. C’est un peu plus encombré que la veille. Faut enjamber.

Je laisse Fabienne découvrir : aller au-delà de la barrière pour fouiner… humer ces lieux. La météo clémente facilite l’observation. Sommes posés tranquillement contre la clôture qui longe le cours d’eau : là, un pont ; à côté, un arbre qui nous interpelle… Mais cette clôture empêche tout accès à l’eau, demi tour, jeter un œil au fond du fossé, seul moment accessible du ruisseau, juste à côté de la barrière : le filet d’eau est en peine aujourd’hui. La Cavée de la Tirmande traverse le bourg, il est principalement alimenté par les eaux de ruissellement.

Le panneau indique que nous sommes sur la commune de Ligny-lès-Aire, le site des terrils est interdit d’accès, enclos.

En retournant au pont, nous nous arrêtons à la clôture du pré, celle-là même qui m’intéressait hier : il est temps de l’ouvrir et de descendre vers le cours d’eau. Ce pré est une invitation : ouvert sur la vallée ; en face, la pente s’expose comme un tableau. Un paysage restreint où seule l’eau manque, cependant les signes de sa présence sont bien là : un broussaille en guise de ripisylve dessine la limite de la pâture, suffit de la suivre des yeux.
Seul accès apparemment en face de nous, une barrière encadrée de tôles : impossible de passer sans risquer de la faire tomber, je ne vois pas clairement ce qui la retient. Je verrais plus tard avec l’éleveur, car derrière ça m’intrigue : ce qui fait le lit du ruisseau est paré de clôtures… Serait-ce un passage à gué pour aller vers d’autres pâtures ? Pourquoi ces tôles ?

J’entreprends de vérifier s’il n’y a pas un autre passage, longe vers l’amont : rien… Tout au bout du pré, derrière la clôture, au creux, le ruisseau, enfin ! Un pont l’enjambe ; celui-ci passe sous le remblai du chemin de fer. Par chance, je suis tombé sur ce pont qui était noté sur la carte IGN mais que je ne savais pas localiser sur le terrain, et pour cause : ce talus abrupt est désormais enfriché, les arbres masquent tout repère visuel. J’imagine le travail colossal qu’il a fallu fournir pour apporter toute cette terre et l’ériger en muraille, juste pour franchir une modeste vallée… Comme à Estrée-Blanche, faire passer le train a exigé la planéité du terrain, de combler les creux du paysage et d’araser les bosses.
Cette trouvaille attise mon envie d’en voir plus…
Aller regarder cet endroit d’au-dessus !

Remonter au chantier et contourner le pont pour emprunter le chemin autrefois de fer, aujourd’hui de randonnée : la Via Francigena, celle-là même déjà croisée à Longhem.
En marchant, je fouille du regard les bas côtés, apprécie la hauteur qui augmente, cherche des yeux le ruisseau ; je ne l’aperçois qu’à peine au début, puis il disparaît, définitivement, masqué par les broussailles de la pente. Je devine tout juste l’emplacement du pont aperçu d’en dessus : rien à voir ! tout à déduire et à imaginer. Inutile de poursuivre, je n’obtiendrai rien de plus de cette marche.

Quitter la Tirmande pour le marais de la Besvres, un endroit qui m’est connu depuis longtemps,
depuis le début de mon en-quête… Repasser par Estrée-Blanche, direction Witternesse puis La Besvres au sud des Pâtures d’Aire.

A La Besvres, j’entraîne Fabienne vers l’écurie proche du manoir, nous passons par la barrière qui donne sur le marais – celle-ci a été ouverte à plusieurs reprises, que ce soit avec Michel, Émilie et Samia ou encore Alfred…

Les chevaux, au loin (la pâture est grande).

Faire le tour par le fossé à gauche et remonter jusqu’au début d’un autre cours d’eau : la Laque.

Les chevaux semblent bien profiter eux aussi du beau temps : ils broutent, insouciants ; certains partent joyeusement au galop : c’est leur vie.

La mienne : trouver un endroit qui me plaît.
Ce sera en face de la barrière communal, enfin, celle qui se devine de l’autre côté de la pâture (je rappelle, elle est grande et je n’ai pas refait de photos).
Le mieux, d’ailleurs, est d’aller voir là-bas, la voir de près, de très près… l’ouvrir même, et emprunter le passage qui mène directement à la route, ça serait un accès pratique pour un public.
Avec Fabienne nous en convenons, l’endroit est à retenir !

Sortir sur la route, enfin…, sur le trottoir et regagner la voiture : quitter le marais de la Besvres pour ?…

Je propose à Fabienne d’aller vers Marthes, au-dessus de Blessy, près de Mametz. N’y suis jamais encore allé. Voir le Mardyck, jeune, avant Ham, me rapprocher de sa source, voir à quoi ressemble le ruisseau en ces lieux…

Croisons un ancien qui fait sa marche quotidienne, nous raconte l’eau ici, celle qui court à travers les champs, les alignements de saules blancs qui marquent son passage, ils dessinent encore l’ancien parcellaire d’après lui. Ces saules blancs nous fascinent…

Ici, mes arrières pensées : en allant vers le nord, je cherche à m’approcher de la limite du bassin de la Lacquette, telle que je l’ai dessinée sur la carte ; elle doit être juste être au-dessus de Marthes ; au-delà, on bascule dans le bassin de la Lys.

L’endroit me plaît, je sens la fin d’une pente, l’arrivée en douceur sur un point haut…

Par contre, le Mardyck n’est qu’un fossé où coule laborieusement un filet d’eau, vers Ham… Le fossé est bien calibré, il longe un chemin de campagne : un fossé des champs qui ne laisse rien paraître de son devenir… Suis un peu déçu de voir si peu de cas pour un ruisseau qui va entrer en gloire à Aire-sur-la-Lys.

Poursuivre jusqu’à un carrefour : nous apercevons l’ancien qui remonte vers le bourg, solitaire, et nous, nous allons juste observer un de ces alignement de saules qui vient buter contre la route : une double clôture encadre un fossé…

A l’opposé, le chemin mène à Ham, mais impossible ensuite de l’emprunter en voiture, il est privé, d’ailleurs comme celui que nous venons d’utiliser… Je reste perplexe, va falloir retourner au véhicule et rebrousser chemin.

Une prochaine fois, j’irais un peu plus à l’ouest, à la sortie de Marthes, en direction de l’autoroute des Anglais, je pense trouver un chemin qui me permettra d’approcher encore le Mardyck, toujours à la recherche d’endroits où me poser lors de mon Grand Tour, une nouvelle marotte ?

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Auteur : Gilles Bruni

Gilles Bruni est né en 1959 à Nantes et vit à Clisson. Son œuvre se concentre sur le paysage, l’écologie du lieu, ses habitants et leur histoire. Gilles Bruni a longtemps collaboré avec Marc Babarit à la création d’installations paysagères, en Europe et en Amérique du Nord. S’il travaille seul aujourd’hui, c’est toujours dans la rencontre avec des lieux, des habitants.

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