Mardi 22, aller voir des points repérés sur la carte, Émilie conduit, j’oriente. Finir par trouver : direction la ferme d’Estracelle (bien marquée sur la carte IGN), pas de nom de lieudit des champs sur ces terres. Chance, l’agriculteur se manifeste à nous voir rôder ; nous dit que sommes à côté du chemin recherché. Partons à travers champs. Sommes équipés : nous avons nos bottes !




Un événement : un chevreuil, ou deux ?… L’animal est curieux : au loin, nous le voyons s’avancer prudemment en direction de la ferme ; le revoyons un peu après, courant, sautant, émergeant à des endroits différents, longeant une haie, sans doute cherche-t-il à quitter ces lieux trop marqués de présence humaine.

La pente de la colline indique le sud, en direction des cours d’eau qui alimentent la Lacquette : nous observons, goûtons l’endroit ; derrière, au nord, la route et on aperçoit au-delà une station de traitement des eaux usées et/ou d’eau potable, enfin, on la devine plus qu’on ne la voit.
Là-bas, c’est le bassin de la Lys.
Nous retournons au véhicule par cette route, celle-ci mène à Mametz.



Deuxième point, viser le lieudit des champs « La Justice » : passer par Saint-Quentin et retrouver au Pont de Folie – le pont enjambe le Mardyck – la petite route étroite serpente vers le village de Ham.
Avant le lieudit le Monbus, se garer dans la pente d’un chemin agricole, pas confortable comme situation, on espère ne pas gêner… mais où trouver à stationner dans cette campagne ? Ce chemin est annoncé privé, interdit aux véhicules et aux chiens même tenus en laisse… On dirait qu’on n’aime pas la chasse ou qu’on se la garde.

La montée est douce, on se dirige vers une cote à 33 m au-dessus du niveau de la mer ; au point précédent, on devait être à 30 m… Autant dire que c’est relativement plat ici, normal, nous ne sommes pas très loin d’Aire-sur-la-Lys et des basses terres.
Un point mobile dans le paysage finit par nous intriguer, donne l’impression d’être au niveau de la route, mais ce n’est qu’une impression, en poursuivant notre marche nous voyons un tracteur foncer sur le chemin qui coupe perpendiculairement le nôtre, va-t-il tourner et venir vers nous, non, il fait demi-tour et fonce dans la direction opposé. Revient. Repart, et ce, une autre fois encore… Étrange vision d’un bolide des champs qui va et vient sans autre but ! A son dernier passage, sommes pas loin, l’homme au volant nous salue, je fais de même et il disparaît cette fois : hum, fin de l’intermède.



En revenir au bassin : faut donc faire un effort, trouver des arguments comme quoi nous sommes bien dans le bassin de la Lacquette ; heureusement, un fossé nous sauve, il trace son lit en direction du ruisseau le Mardyck (doublé parfois du nom La Liauwette)…




Enfin, troisième et dernier point ce matin, prendre la direction de Marthes et s’aventurer tout au bout d’une rue : un chemin doit mener aux champs, le lieudit des « Cailloux ».



S’arrêter et poursuivre à pieds par ce chemin agricole : au bout, un bâtiment, un hangar, des engins dedans et quelques bovins. Émilie s’indigne de les voir parqués sans autre présence autour. L’endroit ferait mort, voir abandonné sans cela.
Plus avant, c’est l’autoroute des Anglais, le bruit l’a annoncé avant de le voir. Sommes un peu déçu du lieu, faudra que je revienne et prenne du temps pour sentir le bassin… Sommes à 51 m au-dessus du niveau de la mer et pourtant je ne remarque pas trop que nous avons pris de la hauteur, sauf peut-être en regardant du côté de l’autoroute vers le sud-est, indéniablement, ça descend. D’ailleurs, sur la carte, un nom des champs l’attesterait : « Le Fond Madame » ; le Mardyck naîtrait par là-bas.



Somme toute, notre rencontre avec ces 3 endroits sur le terrain n’est pas évidente. La ligne bleue du bassin dessinée avec Flora Tivelet de la Direction du GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Risques d’Inondation) sur la carte reste une fiction ; sur le terrain on se donne des raisons d’y croire, de s’enthousiasmer pour un fossé, une pente, une bosse…
Comment lire ce paysage où des eaux doivent s’écouler de terres en fossés, de fossés en ruisseaux, vers leur exutoire, la Lacquette ?
Opiniâtre, je poursuivrais ce voyage initiatique à observer des pas-grand-choses : quelques ondulations du paysages, des chemins qui traversent les champs dénudés à l’automne…
Rien de spectaculaire ici, malgré tout, je veux donner un corps à ce bassin, réussir à en révéler sa bordure, par touches, avec des endroits du paysage que je vais activer.
Tel est cet autre aspect du projet que, désormais, j’appellerai le Grand Tour et qui va exister aussi sous la forme d’une publication.










































