Jeudi 2 décembre | Avec Fabienne, au pays du Mardyck : 1ère sortie à Blessy et Ham à tourner autour du marais.


Rendez-vous à 13H30 avec Fabienne, nous quittons Béthune en direction Blessy, on veut aller voir des cressonnières, la carte m’indique une forte présence d’eau, des étangs ? Des fossés et le passage du Mardyck ; semblerait qu’il prend sa naissance par là. Passer par Quernes, puis direction Witternesse, aïe, le GPS nous perd, on se retrouve vers la direction de la station d’épuration de la route de Liettres… Nous reprenons la petite route qui même au pont refait, celui que nous avions vu lorsque nous étions venus avec Fabienne en octobre. Revenir sur Quernes par l’ouest. Je reconnais le moulin ; prendre à gauche cette fois… Finalement, nous trouvons un panneau indiquant Blessy, pas si facile quand on ne connaît pas bien.

Fabienne m’indique la route, elle tient la carte IGN, tourner à droite de l’église pour suivre l’indication ‘producteurs de cresson’, c’est longer le marais par le sud, la route est bordée de maisons, puis de pavillons de plus en plus récents, le bourg a dû subir les assauts de ceux qui travaillent à Aire-sur-la-Lys… C’est la rue des Près.

A gauche on remarque des terrains en lanière qui se perdent dans l’espace boisé, c’est là que doit être le marais. Une maison en mauvais état : fait abandonnée ; on n’ose pas s’avancer sur le terrain à côté, il est ouvert, mais quand même marqué privé…

Un peu après, l’annonce d’un producteur de cresson ; s’arrêter près du libre service des produits bios : bottes de cressons, soupe de cresson, mâche, œufs, beurre, fromage… Une voiture s’arrête à la maison à côté, un enfant descend, puis la conductrice, je vais à sa rencontre, demande si elle peut me renseigner sur la production de cresson, à se moment une femme sort de la la maison, a une béquille et boite… C’est la productrice de la cressonnière mais son mari n’est pas là aujourd’hui, serait d’accord pour qu’on revienne demain pour visiter Sera pas valide pour nous accompagner, nous prévient elle…

On poursuit : voir la zone des cressonnières par le Nord, contourner, retrouver la route de Saint-Quentin ; passer sur le Pont de folie, il enjambe le Mardyck, mais rien de particulier à l’endroit, sinon des travaux qui nous stoppent, des tracteurs passent avec leur remorque, bien chargés…

En fait, la route qu’on cherche est juste derrière, nous longeons des champs, et descendons vers la zone boisée : une propriété avec barrière ; une passerelle sur le Mardyck qui coule là, dans un fossé assez large et plutôt profond… Nous nous arrêtons pour voir et jauger l’endroit…

Un peu plus loin une autre propriété, nouvel arrêt. Fabienne pense à des gîtes. A droite, des rigoles et des champs gorgés d’eau…

A gauche, le Mardyck se complique de fossés qui remontent dans le bois, le deuxième, juste avant la patte d’oie est gros, c’est louche… Je m’interroge, ne serait-ce pas plutôt le cours d’eau ? Fait pourtant un angle droit…

Avec Fabienne, on constate que si les bas côtés sont bien humides, nul trace de cours d’eau. Il faut l’admettre, le Mardyck traverse bien ce qui ressemble à un bois. Mais à bien regarder, à travers la végétation, c’est truffé de plans d’eau… D’anciennes cressonnières ? Je me dis que le Mardyck doit provenir de cette zone de marais, d’un réseau de fossés et de rigoles alimenté par des résurgences. Faudra essayer de vérifier, d’en apprendre plus avec les producteurs de la cressonnière.

Avancer jusqu’au carrefour pour vérifier : la rue de Montbus continue, mais le ruisseau quitte la route, il file tout droit dans la campagne, devenu un ruisselet ; à gauche, c’est la rue de Ham… plus de cours d’eau, juste un fossé encombré d’herbes, il s’étoile jusqu’à pratiquement disparaître…

En remontant la rue de Ham, nous arrivons sur un espace ouvert, une étendue assez importante d’herbe bien verte, c’est entretenu, joue le rôle de place ? Table de pique-nique et poubelle. Mais c’est désert ici ! et peu engageant… Des habitations n’ont pas de fenêtres sur leur façade. Avec la lumière du jour baissant, cette impression de village fantôme est renforcée. Avec Fabienne on se regarde, on jauge l’espace…

Dans le prolongement, la rue Marais, elle longe les maisons et mène vers une ferme, une promesse de pouvoir nous approcher de notre objectif : le marais… En arrivant face aux bâtiments agricoles, pas de bruits, pas de mouvements… Ce hameau est-il vraiment abandonné ? Un petit sentier étroit file à gauche : « on y va ? »

C’est reparti pour l’aventure… Où cela va-t-il nous mener ? Au virage suivant, le sentier s’en va vers la zone de marais, une info sur une aire de jeu amuse Fabienne, l’endroit paraît tellement improbable… Rien. Juste quelques éléments pour l’exercice de l’équilibre…

Sommes encadrés par des clôtures, guidés vers… Nous traversons des prairies humides, passons sur passerelle, et bientôt apparaît au loin le toit d’une structure avec son toboggan. Quelque part, cela nous rassure. Mais pourquoi aussi loin du bourg, au milieu de ce qu’on seraient tentés de nommer : nul part ?

Au-delà, à droite le sentier est devenu chemin et semble filer vers l’autre village, Blessy… En face, des maisons, au bout du terrain en friche du marais, sont pas loin en fait. Sur notre gauche, court le chemin, bien droit, en lisière de la friche ; nous l’entreprenons un temps, mais ne sachant pas où celui-ci nous mène, Fabienne renonce, le froid s’est installé et nous préférons remettre cette exploration au lendemain.

Doit être vers 16h, le ciel s’est bien assombri, ça vient de l’Est… Se préparer à rentrer. Premier grain sur la route, brutal. Retrouver la D943, deuxième vague de pluie battante… On rit de la situation qui sent le repli… A un moment le ciel s’embrase à l’ouest, ambiance de fin du monde, et c’est le déluge !… On remarque même qu’il a neigé après Lillers. Une nouvelle nuée s’amasse sur Béthune… Ne semble jamais en finir. En tout cas, pour nous, la journée est bien finie !

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Auteur : Gilles Bruni

Gilles Bruni est né en 1959 à Nantes et vit à Clisson. Son œuvre se concentre sur le paysage, l’écologie du lieu, ses habitants et leur histoire. Gilles Bruni a longtemps collaboré avec Marc Babarit à la création d’installations paysagères, en Europe et en Amérique du Nord. S’il travaille seul aujourd’hui, c’est toujours dans la rencontre avec des lieux, des habitants.

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