Estrée-Blanche : au sortir de la friterie, se remettre en route, seul cette fois : remonter la rue de Fléchinelle, sur la comme d’Equin-les-Mines… Avancé, l’œil rivé sur le Surgeon qui coule le long, dans un fossé profond. Sauts de puce, je m’arrête souvent, pour une passerelle, un panneau, l’abord d’une entrée de propriété… La rue reste bordée de maisons sur la droite, à gauche le panneau barré d’Estrée-Blanche, je quitte le village pour Fléchinelle.



Une passerelle m’arrête, descendre, aller voir : un peu fouillis végétal, entre abandon et singularité d’un joyeux bric à brac. Un homme sort de la maison de l’autre côté de la rue, je l’ai visiblement attiré. Je me dirige vers lui, il m’interpelle, prenant les devants : s’appelle Michel, me dit qu’il est originaire des mines, que si je veux je peux traverser la passerelle aller dans son jardin… Lui parle du Surgeon qui coule là, m’explique que ce n’est pas son lit d’origine, il a été dévié du temps de la mine, son lit est là-bas, derrière : montre du doigt un arbre, il est au milieu…




Quand il y a des inondations, le Surgeon déborde et se répand là, reprend son ancien lit. Me demande de le suivre, nous remontons un peu la rue, me dit de regarder sous des frondaisons : « là, il fait un coude à angle droit, sur 70 m et il reprend son lit en amont. » En aval, il suit la route sur environ 400 m avant de plonger à droite dans le village, vers la Lacquette. Me dit de l’attendre, parti chercher une photocopie : « cette maison, c’était avant un café… »


14h05, j’ai quitté monsieur Deneuféglise, je pourrais repasser le voir à l’occasion. Poursuis ma route vers la ferme des Templiers que Didier m’a dit d’aller voir. Plein de voitures, du mal à stationner… J’observe le cours d’eau qui longe le bâti et pénètre dans la cour. Désert. Non, de la musique, j’aperçois deux jeunes, me dise que c’est une fête pour un départ en retraite ; je rebrousse chemin… Je note qu’ici la vallée est assez encaissée, la pente d’un pré est bien raide.



Continuer vers la Carnoye, c’est maintenant la campagne, les champs… J m’arrête un temps au moulin, l’est en face d’une ferme, bien active. Après, la rivière fait un coude, je devine son cours au loin, en bout de champ, avait-elle aussi été détournée ? Pour le moulin ?… Continuer.





Je m’arrête un peu plus loin, la végétation du cours du Surgeon est revenue à la route, le ruisseau a fait son retour : je m’avance à pieds, à droite un grand champ où a été récolté le maïs, le cours d’eau a parfois mangé ses berges, un embâcle, il doit pouvoir couler fort…



Direction Cuhem maintenant, la carte IGN m’indique des bras ou des canaux dans le hameau, semble avoir des bassins ou de petits étangs… Le Surgeon viendrait de là. Mais d’où ? Quel fossé suivre ? Au bout d’un moment, à observer le terrain, carte en main, je pense avoir trouvé le bon filon…


M’enfonçant dans la rue, arrêts fréquents, je m’approche, photographie la métamorphose du ruisseau en aimable ruisselet qui passe d’un coté l’autre d’une rue qui s’étire, annonce les champs… A la patte d’oie, j’hésite, en face, un corps de ferme, sur le côté, je devine qu’il longe le bâti, s’enfonce ; je le perds de vue… Sentiment d’approcher du but. J’arrive sur des terrains privés : frustration.







Têtu, je prends la rue à gauche et cherche à contourner, trouver une approche… Une placette, une impasse, elle s’enfonce, passe du bitume à l’herbe ; j’aperçois une barrière de champ : je tente à pieds. Un homme dans un jardin a remarqué ma manœuvre, il m’observe.

Au bout du bout, collé à la barrière, je retrouve mon cours d’eau qui passe entre deux prairies. A rebrousse poils, je suis des yeux d’où, et remarque un petit canal dans le jardin de l’homme. Je m’avance vers lui : le Surgeon ? Lui, pensait que c’était la Lacquette ici. « Pour la source, si vous regardez bien, là-bas dans le pré, on perçoit qu’il y a une arrivée d’eau à remonter vers le bois… Sinon, devant, au bout, derrière les tilleuls, il y a une source aussi. » Mais pour lui, il y aurait deux sources en fait… La pâture, là en face, ça nous appartient, mon frère a la ferme, par contre, pour l’autre source, vous pouvez y aller, mais faut retourner et prendre à gauche, remonter encore à gauche et prendre un chemin qui s’avance vers le bois… me signale encore qu’il y avait une cressonnière par là-bas…

Je décide de poursuivre, de tester, me rendre compte du lieu, de ce qui me resterait à entreprendre… Le site où se trouve le hameau est assez encaissé, des allures de montagne ici, ça monte.
Le chemin, est à droite… Je m’arrête, non sans avoir demandé à l’homme qui est à tailler sa haie si je peux m’arrêter là. Il semble surpris de me voir débarquer ici ; je lui explique ma quête, il sourit, me dit que je suis au bon endroit, mais que c’est privé là-bas, et sans doute boueux. A remarqué ma voiture, enfin la marque de l’agglo. J’apprends qu’il est conseillé municipal à Cuhem, enfin, à la commune de Fléchin. A un moment, je comprends ma méprise, je ne suis suis plus sur l’agglo, ici, c’est la CAPSO… Bernard Deron me dit qu’ici c’est la rue du Bois.


Confirme que c’est bien le chemin pour me rendre à la source. Par contre c’est privé. M’invite à aller voir la maire, elle pourrait me faciliter l’accès, me donner des infos. Me dit que ça l’a surpris que je cherche la source du Surgeon, assez inattendu. D’habitude on voit personne ici. Quand il était jeune, il allait à la source, mais ne se souvient plus bien où la trouver, me donne quelques indications pour aller au bois… Prends congé et m’avance dans le chemin, je veux aller voir, enregistrer l’endroit, mémoriser pour y retourner plus tard… Lui, s’en retourner faire son nettoyage dans le jardin.


