Mercredi 18 août | Sortir de Witternesse pour aller dans le marais de la Besvre


Sortir de Witternesse pour se rendre un peu plus loin, dans le marais de la Besvre. Émilie et Samia y sont allées avec Michel Abdellah, un écogarde de l’Agglo que j’ai déjà rencontré il y a quelques années. Du mal à retrouver l’entrée communale ; finalement, repasser par une barrière, celle d’un éleveur de chevaux, le pré marais en accueille un quinzaine, sont là au loin, broutant…

Le marais se dévoile petit à petit, en longeant un fossé encombré de végétation : levée de demi douzaine de jeunes poules faisanes. Nous allons aux chevaux, ils viennent à nous, plutôt les jeunes, curieux, Émilie échange avec eux, mains contre museaux, museaux contre mains… Nous font comprendre que nous sommes chez eux. Enfin, voir les dolines qu’on voulait me montrer : des mares très peu profondes, circulaires, des chevaux y broutent, bruits d’eau ; les sabots s’arrachent, bruits de succion, le sol est gras, détrempé. Paraît qu’il y a des boyaux souterrains qui les alimentent, les relient… M’intrigue, je voudrais en savoir plus.

A gauche, le fossé se fait de plus en plus cours d’eau, serait la Laque en fait ; des fûts épais de saules blanc ponctuent, sont courts, étaient visiblement taillés en têtards ; certains se sont ouverts, usés, d’autres sont tombés, au profit des chevaux qui sont venus écorcer. La végétation des berges devient plus fouillis, au loin, on a dérangé : l’envol successif de grandes aigrettes, d’aigrettes garzettes, et pour finir 7 hérons cendrés…

Notre cheminement nous conduit à remonter un fossé à sec, riche de plantes de milieu humide, l’eau est bien là ; une clôture est à terre, et de l’autre côté, quelques bovins qui chôment paisiblement ; ils nous regardent avec nonchalance. Des étendues importantes de cressons nous interpellent… Animal sautant : je me penche et cueille un jeune crapaud, il reste un temps sur mon doigt, on se regarde, il n’est pas pressé de regagner l’herbe.

Maintenant, l’engin que j’apercevais au loin. Il a fini par attirer mon attention : une ligne brillante s’étale au sol, m’évoque de l’ardoise mouillée, sombre, au reflet de ciel… L’associant aux mouvements de la pelleteuse, c’est de la vase en fait !…

L’appel n’en devient que plus puissant, s’y rendre et prendre la mesure d’un chantier de curage du fossé : deux hommes se tiennent sur la berge de l’autre côté, sont avec leur pelle ; on essaie de se parler, bruit trop fort de la pelleteuse, il s’approche et entreprend de nous rejoindre. Suis curieux d’en apprendre, mon interlocuteur, Bernard, nous parle du besoin de curage – ça fait plus de 20 ans que ça n’a pas été fait… Nous invite généreusement à emprunter une passerelle, pousse une grille… C’est chez lui ici, ses parents avait ici même une ferme ; avec quelques aménagements, c’est devenu sa maison. Il nous présente son « étang » : nagent des carpes Koï, de l’eau d’une source jaillit, alimente le bassin. A l’autre bout, c’est vue sur le pré du marais, j’aime le contraste.

Bernard explique que la source vient au petit bâti qu’on voit à côté, il remonte à l’époque de la ferme, à l’intérieur du Nymphée, l’eau est claire, au fond reposent des bières et d’autres boissons… Il nous invite avec son collègue, un voisin, à venir nous asseoir ; après une résistance polie, j’accepte : ça ne se refuse pas ! S’installer pour la causerie, en apprendre : « le fossé passait avant à 1,5 m de la maison, on l’a détourné, fait allé droit comme on le voit aujourd’hui, j’ai pu avoir un peu de terrain devant ». Il va nous chercher une assiette décorative, à l’intérieur, la photo aérienne avec la ferme d’avant, on voit bien le fossé. Nous avons de la chance, Bernard a envie de partager.

L’équipe s’agrandit, d’abord, le dénommé Totof, pêcheur, à l’occasion chasseur, puis, deux voisins du fossé, ils habitent un peu plus loin ; l’un d’eux a plein de canards, nous invite à les voir.

Hum, ça sent le piège, Bernard propose une autre bière, hum… non, plus le temps, va être 17h, faut qu’on rentre. Bernard nous donne son contact, il nous propose de revenir, nous emmènera au manoir qui est de l’autre côté du pré, de l’eau m’attend encore là-bas…

Mercredi 18 août | Quitter la ville pour les terres australes de la Communauté d’Agglomération


Deux médiatrices culturelles de Labanque m’accompagnent, Émilie et Samia ont déjà fait une reconnaissance sur ce territoire rural. J’entre dans leur histoire, les suis à la rencontre de la Laquette, une rivière qui va alimenter le canal de l’Aire à Aire-sur-la-Lys.

Déplacement vers l’aval, le cours d’eau longe un château, Créminil, à l’abri des regards, mais pas sur la défensive, il est ouvert à l’arrière, enfin… de l’autre côté des douves, doubles d’ailleurs… Rencontre inattendue : le châtelain, sur son tracteur de tonte ; l’homme est affable, l’échange dure ; on pourra se revoir, il nous facilitera l’accès à son domaine… Ici, l’eau devient réseau de sources et fossés, à ce stade, je ne sais pas comment tout ça se connecte.

Repartir, vers Ellietres, autre château, mais impossible d’accéder, privé. On ne peut pas voir comment l’eau arrive de ce côté. La Laquette réapparaît, un pont l’annonce, contrainte, berges abruptes ; on la suit, sans vraiment la voir, en longeant un champ de maïs, impressionnant, les pieds dépassent les 2 m 50…

Une percée dans la ripisylve, apercevoir en face, un effondrement bordé de barbelés, un accès pour des bovins en fait, deux sont au loin… Rebrousser chemin et reprendre la route vers Quernes. 13h20, arrêt à un ancien moulin, tourner virer en jaugeant le bâti de briques, fort haut ; l’eau, elle, chute bruyamment, les anciens équipements sont depuis longtemps à l’abandon, la rivière nous apparaît toujours canalisée…

14h, autre moulin, celui de Witternesse. Il est habité, acheté par des particuliers, faudra que je tente de les rencontrer…

Ici, la rivière est sortie de son lit, inondant… La contrainte est trop forte, bousculade au pont, le calibrage est inadéquat. M’intéresse de savoir ce que les gens pourraient m’en dire.