Lundi 23 août | la Brette, sortie au sud de l’Agglo avec Émilie


Partir, 11 :30, direction Maisnil-les-Ruitz, viser Rebreuve-Ranchicourt.

11 :45. Émilie a repéré un pont, s’arrêter : la Brette passe là ; nous sommes près d’un moulin… chute d’eau bruyante, l’aménagement et un panneau nous confirme ; il est dans une propriété privée.

La rue du moulin nous fait longer le ruisseau du Bois du Moulin. Il coule le long de la route, comme un fossé plus ou moins étroit, enjambé de passerelles permettant l’accès à des habitations. Au carrefour, en face, une ferme : se garer. Nous empruntons le chemin d’accès à la ferme : longer le ruisseau en fossé ouvert, une haie borde à droite ; la transition est brutale, c’est l’accès campagne. Le ruisseau passe sous la route, devient un fossé envahi par la végétation, on ne voit plus rien… on l’entend. Fin.

Changer, quitter pour le ruisseau de Caucourt, 11 :20. Ici c’est vallonné… Cauchin-Legal, puis le village de Caucourt, et tout au bout… Arrivons à remonter le cours du ruisseau, une mare à gauche, à droite un chalet ! Ça renforce l’impression de montagne, la situation est un peu encaissé, les prairies bien vertes et l’eau arrivent de différents points en filet, ruisselets… Un rêve de montagne ? Mais l’eau vient surtout de la parcelle au Chalet : un âne, un poney, un ruisseau. L’âne est familier. Déboule voir Émilie qui lui tend à manger, se régale, réclame… Je le salue à mon tour.

Revenons au pont, voir l’eau couler de part et d’autre. Un enfant et 3 adultes font du nettoyage, grattent, arrachent, évacuent des herbes et des mousses. Une femme s’approche, se présente, madame Philippe, maire du village (nous apprenons de 354 habitants). Pense aussi que la source émane de plusieurs endroits. J’ai effectivement repéré une mare où de l’eau coule, une rigole bordant la route, et de l’autre côté, dans la parcelle au chalet, un filet d’eau descend rejoindre le ruisseau…

Elle nous invite à nous rendre vers l’église et prendre à droite, voir le moulin du gué : « c’est un endroit remarquable ». Mais l’eau est aussi facteur d’inquiétude ; « là-bas, la vanne liée à la chute d’eau… quand il pleut, l’eau monte vite, c’est une cuvette ici », alors elle demande au propriétaire du moulin d’ouvrir avant que ça ne devienne critique. Elle ajoute que c’est sans doute le dernier gué du Pas de Calais.

Nous rappelle l’inondation de 1987 (un macaron sur le pont la signale), avait atteint sa maison, un sujet assez sensible sur la gestion du cours d’eau, entre nettoyage et développement spontanée d’une végétation recherchée par les pêcheurs…

Décidons de pique-niquer là, vu une table pas loin… En regardant l’eau, en bas du pont, une grille au fond nous interroge. Je demande à la femme qui continue de désherber, nous dit que c’est une prise d’eau pour les pompiers. Du coup, je revisite la présence et l’usage de grilles déjà vues…

L’endroit nous apparaît paisible, charmeur, 354 habitants, espace public léché.

Nous prenons la rue du Moulin, comme indiqué, il est 13 :30 ; à droite, le cours d’eau nous accompagne, la berge est entretenue, l’eau est bien visible ; à gauche, sommes surpris par l’enfilade de résidences plutôt récentes, aisées, posées sur un terrain enherbé, tondu, propre… Au bout, arrêt à l’eau, au gué : le moulin est en fait la taverne qui était annoncée dès le tournant, au niveau de l’église. L’endroit est idyllique : le gué est accompagné d’un platelage récent, permet la poursuite à pied ou à vélo ; un banc ; des explications sur l’histoire du site. La vue s’ouvre sur le moulin au pied duquel s’étale l’eau du gué, à gauche tombe l’eau, la chute est surmontée d’une vanne, sur le côté, longeant le moulin, de l’eau circule jusqu’à mettre une roue en mouvement. Un tableau à la Constable, enfin presque, l’aspect rural en moins. Étonnant. Finalement, une campagne de luxe, loin de ce que j’imaginais.

Quitter cette vallée pour retrouver la rencontre du ruisseau avec le Grand Fossé, au niveau de Fresnicourt-le-Dolmen, avant que ça ne forme la Brette. Passer à Olhain… et repasser, on s’est trompé, heu… le chemin était là, à gauche, impossible de s’arrêter, voire d’accéder à la confluence… Bon… aller jusqu’à Fresnicourt-le-Dolmen : un pont, le « Grand Fossé »… Ben, il est petit le Grand Fossé, point d’eau ! S’en retourner, pour chercher un autre accès au « nœud », la rencontre des cours d’eau, sommes sur la D57, rien…

Commençons à avoir l’impression d‘errer sur les routes de campagne, d’être dans un road movie. Le GPS nous donne une nouvelle indication, un pont, arrêt, bah, c’est déjà la Brette ! Décidément on rate des épisodes.

Le cours est large, au niveau du pont, à gauche, un jardin descend en gradin vers l’eau ; à droite, un accès à l’eau, Émilie est descendue observer : sous le pont, l’eau est surmontée d’un écriteau marqué « accès privé »… Hum, ça m’interroge ?

Repartir, il est environ 15h, allons à la recherche du ruisseau d’Hernin, et là, cette fois, on devrait trouver les champs. Se retrouver dans un hameau, Barafles ; nous nous arrêtons au bout d’une rue, après, c’est un chemin qui descend en pente douce : à gauche un champ où paissent des bovins ; ils commencent à nous regarder, curieux. En bas, on entend l’eau, mais rien à voir, le cours du Hernin est encombré de végétation. Une barrière : la clôture signale une propriété, enfrichée, un thuya sur un côté, et nous apercevons à gauche et à droite des constructions, visiblement abandonnées. En face, entrée de champ. L’expédition s’arrête à ce point. Demi-tour.

En remontant j’aperçois Émilie qui tente de charmer une vache, j’observe le manège, cette dernière hésite, Émilie poursuit, insiste, arrache de l’herbe ; la vache s’approche, toujours hésitante et finalement, succombe. Émilie sourit, satisfaite. Rapidement une autre vache chasse la noire, semble la rappeler à l’ordre : chacun chez soi. L’épisode prend fin.

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Auteur : Gilles Bruni

Gilles Bruni est né en 1959 à Nantes et vit à Clisson. Son œuvre se concentre sur le paysage, l’écologie du lieu, ses habitants et leur histoire. Gilles Bruni a longtemps collaboré avec Marc Babarit à la création d’installations paysagères, en Europe et en Amérique du Nord. S’il travaille seul aujourd’hui, c’est toujours dans la rencontre avec des lieux, des habitants.

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